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LES ÉMOTIONS : TES ALLIÉES

« J’ai ressenti toutes sortes d’émotions dans ma carrière — peur, colère, joie — mais j’ai toujours essayé de les canaliser vers quelque chose de positif. » 

Kobe Bryant, ancien joueur professionnel de basketball  

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Et si ton stress était ton allié?

Personne n’aime vivre du stress et nous faisons souvent tout pour l’éviter.

Mais savais-tu que le stress, tout comme des émotions comme la peur, peut devenir un précieux allié dans ta quête de réussite? 

À la base, les émotions sont utiles : elles sont là pour te protéger et t’aider à survivre. Imagine que tu croises un ours en forêt : ton cerveau envoie un message d’alerte à ton corps — « danger! » — et une décharge d’adrénaline suit. Cette poussée naturelle te prépare à agir rapidement : fuir ou te défendre (même si on ne recommande pas vraiment d’affronter l’ours!).

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Trouver le juste équilibre pour une performance optimale 

Tes émotions peuvent devenir tes meilleures alliées… ou tes pires ennemies. Tout dépend de leur intensité et de la façon dont tu les gères.

La science le confirme : un certain niveau de stress améliore la performance. Trop peu, et tu manques d’énergie, comme Alexis, qui devient distrait lorsqu’il est trop relax ou trop confiant. Trop de stress, et tu risques de figer, comme Nicolas, paralysé par la peur.

La Figure illustre cette idée : la performance augmente avec le stress, jusqu’à un point optimal. C’est là que ton corps est activé, ton esprit concentré, et que tu donnes le meilleur de toi-même.

Ce niveau parfait varie d’une personne à l’autre. À toi de découvrir ton juste équilibre!

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La courbe en « U » de la performance de Yerkes-Dodson

Les émotions principales au sport 

Les émotions suivantes peuvent exercer du stress sur toi en situation de compétition 

Ξ La peur ou l’anxiété 

La peur est une émotion ressentie face à un danger réel ou imaginé. Elle provoque des réactions comme le souffle court, les palpitations, les sueurs ou un flot de pensées. Par exemple, la peur d’échouer peut se traduire par : « Je vais échouer et les conséquences seront graves. »
Même si elle peut être inconfortable, la peur est là pour te préparer à l’action.

Ξ La colère

Quand tu es en colère, ton visage peut rougir, tes poings se serrent, ton souffle s’accélère. Ces réactions normales servent à mobiliser ton énergie pour réagir à une injustice ou à une provocation.

Mais attention : une colère mal gérée peut nuire à ta performance. Rappelle-toi Mike Tyson, disqualifié pour avoir mordu son adversaire, ou Zidane, expulsé après un coup de tête en finale de Coupe du monde.

À l’inverse, une colère bien dirigée peut t’aider à être plus fort et plus confiant. C’est ce qu’on appelle la colère positive. Elle t’aide à te dépasser, à condition de la canaliser vers le jeu, et non contre les autres.

Ξ La honte

La honte apparaît quand tu crois avoir fait quelque chose de gênant. Elle te donne envie de te cacher ou de disparaître. Tu l’as peut-être ressentie après une défaite ou une erreur lors d’une compétition.

C’est une émotion normale, qui sert à protéger ton image sociale. Mais si tu es prêt à en accepter le risque, tu pourras oser davantage sur le terrain — et progresser.

Ξ La joie

Réussir une action, marquer un point ou sentir que tu t’améliores… tout cela peut générer de la joie!Cette émotion positive renforce la concentration, augmente ton attention et t’aide à entrer dans la fameuse zone de performance optimale (qu’on explorera au chapitre 3).

La joie est un signal précieux : elle t’indique que tu avances vers tes objectifs.

En somme. toutes les émotions, même les plus difficiles, ont un rôle à jouer. Le secret, c’est d’apprendre à les reconnaître, les comprendre et les utiliser intelligemment.

Percevoir ton stress positivement peut faire toute la différence 

Ce n’est pas le stress en soi qui nuit à ta performance, mais bien la façon dont tu le perçois.

Lors d’un moment décisif, un.e athlète pense : « Oh non, mon cœur bat trop vite, je suis trop nerveux, ce n’est pas normal! ». Ce type de pensée transforme le stress en obstacle.

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Mais un.e autre athlète pourrait se dire : « Ah, le stress est là. Il me prépare à performer. Il va m’aider. » Cette façon de penser change tout : le stress devient un allié. 

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La gymnaste Simone Biles a parlé ouvertement du stress immense qu’elle ressentait aux Jeux olympiques. Avec le temps, elle a appris à voir cette nervosité comme un signe d’engagement plutôt qu’un problème. Comme elle le dit elle-même : “If I feel nervous, it means I care. That’s a good thing.” (Si je me sens nerveuse, c’est que ça compte pour moi. Et c’est une bonne chose.)

En bref, accueillir ton stress, c’est dire oui aux moments intenses, même inconfortables. C’est apprendre à performer avec le stress, et non contre lui.

Exercice : Identifie les réactions de ton corps lors d’un match important 

Ce court exercice t’aidera à reconnaître les émotions que tu ressens avant une compétition. 

Ferme les yeux et pense à une situation où tu es sur le point de commencer une compétition. 

1. À ce moment précis, que ressens-tu dans ton corps?

2. Nomme quelques sensations physiques 

3. Identifie une ou deux émotions que tu vis en match 

4. Que peux-tu te dire pour percevoir ce stress positivement?

Concentre-toi sur ce que tu peux contrôler 

Deux types de situations se présentent à toi avant ou pendant un match : les choses que tu peux contrôler et les choses que tu NE PEUX PAS contrôler. Le stress et la colère deviennent nuisibles quand on croit, à tort, que l’on peut maîtriser des choses qui sont toutefois hors de notre contrôle. 

Astuce : Concentre-toi sur ce que tu peux contrôler 

Lors d’un match, plusieurs éléments peuvent t’échapper : les réactions de ton adversaire, les décisions de l’arbitre, ou même la météo. En revanche, tu as plus de contrôle sur ton attitude, tes gestes et ta préparation.

Exerce-toi maintenant à faire la distinction entre ce que tu peux contrôler… et ce que tu ne peux pas.

Pour chaque élément ci-dessous, demande-toi : « Est-ce que j’ai un contrôle direct là-dessus? »

  

1. Les réactions et les gestes de ton adversaire

2. Tes efforts

3. Tes comportements sur le terrain

4. Ta préparation d’avant-match

5. Les bruits des spectateurs

6. Les décisions de l’arbitre

7. Tes gestes de colère

8. La chance

9. La météo

10. Ton hydratation ou ton alimentation

11. L’adversaire que tu affrontes.

12. L’horaire du match

13. Tes routines

Dans cet exercice, les éléments 2, 3, 4, 7, 10 et 13 sont ceux sur lesquels tu as un réel contrôle.

À l’inverse, des aspects comme la météo, les réactions de ton adversaire ou les décisions de l’arbitre ne dépendent pas de toi. Il ne sert donc à rien de gaspiller ton énergie à vouloir les changer.

Ce que tu peux contrôler, c’est ton attitude, ta préparation et ta réaction face à ce qui se passe autour de toi.

En acceptant que certains éléments t’échappent, tu seras mieux préparé à te concentrer sur ce qui compte vraiment — et à livrer ta meilleure performance.

Souviens-toi! 

Le stress et les émotions qui l’accompagnent peuvent être inconfortables, mais on peut apprendre à les apprivoiser. En fait, un certain niveau de stress est essentiel pour bien performer.

Plutôt que de fuir le stress, accueille-le, autrement dit, dis-lui oui. Vois-le comme un signal que tu es prêt à te dépasser.

Une des clés? Te concentrer sur ce que tu peux contrôler, comme ta respiration, ton attitude et ta préparation, et laisser de côté ce qui échappe à ton contrôle, comme le comportement des autres ou le résultat final.

C’est ainsi que tu trouveras ton niveau optimal de stress — celui qui te propulse vers ta meilleure performance.