« Dans le sport, ton plus grand adversaire n’est pas toujours celui qui est de l’autre côté du terrain. Parfois, c’est la voix dans ta tête »
Anonyme
Es-tu trop parfois ton pire critique ?
Développer la confiance en soi, c’est important. Mais apprendre à te soutenir dans les moments difficiles l’est tout autant. Tu t’es peut-être déjà surpris à penser : « Je n’y arriverai jamais », « Je ne suis pas assez bon.ne ». Il est normal de vouloir bien faire, mais parfois, à force d’exiger trop de toi-même, tu deviens ton pire critique…
Et si, au lieu de te rabaisser, tu devenais plutôt ton meilleur allié ?
Miguel, un nageur exigeant

Miguel est un jeune nageur passionné qui rêve de se qualifier pour les championnats nationaux. Lors d’une compétition importante, il termine 5e, à quelques dixièmes de son meilleur temps. En sortant de la piscine, il se dit en boucle : « Je suis nul », « Je n’y arrive jamais quand ça compte ». Il évite les regards et passe le reste de la journée à ruminer ses erreurs.

Son entraîneur, qui l’observe depuis un moment, s’approche doucement et lui dit : « Miguel, tu sais parler avec respect à tes coéquipier.ère quand ils sont déçus. Et si tu essayais de te parler de la même façon ? ». Cette phrase reste dans la tête de Miguel. Il commence à se demander : Et si être plus bienveillant envers moi-même m’aidait à mieux performer et à garder le plaisir de nager ?
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Être un.e ami.e pour soi ?
Imagine un.e ami.e qui vient de vivre une compétition difficile. Tu lui dirais sûrement :
« Tu as fait de ton mieux »
« Tu vas rebondir »
« Je suis tout de même fier.ère de toi »

Mais toi… que te dis-tu quand c’est toi qui performes moins bien ou commets une erreur importante ? T’arrive-t-il de penser : « J’ai tout gâché », ou « Je ne suis pas assez bon.ne » ?
Ce que tu dirais à un.e. ami.e dans ce moment-là, tu peux aussi te le dire à toi-même.
Être bienveillant.e envers soi, ce n’est pas se trouver des excuses ou abandonner, c’est se traiter avec respect et douceur, comme on le ferait avec un.e coéquipier.ère qu’on apprécie. Et tu sais quoi ? C’est souvent cette bienveillance qui permet de retrouver plus vite ton calme, ta motivation et ta confiance.
Être bienveillant envers toi, c’est quoi ?
Être bienveillant envers toi-même, c’est comme devenir ton meilleur allié, même dans les moments difficiles. Les spécialistes appellent ça l’autocompassion. Ça veut dire te parler avec gentillesse, comprendre que tu n’es pas seul à vivre des échecs ou du stress, et apprendre à observer ce que tu ressens sans te juger.
La compassion pour soi se développe en trois étapes :
1. Observer ton critique intérieur
Commence par remarquer les pensées que tu te dis quand ça va moins bien. Ce sont souvent des jugements sévères, comme si une petite voix en toi cherchait à te rabaisser ou te décourager.
« Je n’y arriverai jamais. »
« Je devrais tout laisser tomber. »
Donne-toi quelques instants pour écouter ce discours intérieur… sans le croire automatiquement.
Reconnaître cette voix critique, c’est le premier pas pour en changer le ton.
2. Te rappeler que tu n'es pas seul.e
Tout le monde vit des moments difficiles, même les meilleurs athlètes. Se souvenir de ça peut t’aider à être plus compréhensif envers toi-même.
« D’autres athlètes vivent ça aussi. Je ne suis pas seul.e. »
3. Te parler avec bienveillance
Utilise un ton amical et encourageant, comme si tu parlais à un.e ami.e que tu veux soutenir.
« J’ai fait de mon mieux. C’est normal de vivre ça. »
Après avoir pris conscience des pensées critiques qui t’habitent généralement pendant ou après un match, rappelle-toi que tu n’es pas seul à vivre ces sentiments difficiles. Ensuite, parle-toi gentiment. Quand tu te parles, utilise un ton amical, chaleureux et doux : « J’ai fait de mon mieux », « J’ai le droit à l’erreur, je suis humain ». Pour t’aider, tu peux imaginer ce que te dirais un parent ou coach bienveillant pour te remonter le moral.
Astuce - Comment devenir ton meilleur allié ? La bienveillance envers soi-même est utile dans au moins quatre situations sportives :
1. Lors des entraînements : Quand tu fais des erreurs à l’entraînement, évite de te rabaisser. Ces moments sont normaux : c’est en faisant des essais, parfois ratés, que tu progresses.
2. En compétition : Quand tu fais une erreur ou que tu sens que la pression monte au beau milieu de l’action, respire un bon coup. Parle-toi gentiment : « Ce n’est qu’un moment dans la compétition », « Je peux me recentrer », « Je fais de mon mieux ». Et recentre ton attention sur la prochaine action.
3. Avec ton équipe : Un.e coéquipier.e fait une erreur ? Au lieu de te fâcher, choisis l’empathie : « Je sais que c’est frustrant, mais on est dans la même équipe », « Ça peut arriver à tout le monde ». Encourage-le, comme tu aimerais qu’on le fasse pour toi. Cela ne change peut-être pas le score, mais ça renforce la confiance et la cohésion dans l’équipe.
4. Après une défaite : Si tu te sens fâché ou déçu, rappelle-toi que ces émotions sont humaines. Dans une compétition, presque tout le monde perd au moins une fois et souvent plus d’une. Donne-toi le droit de vivre cette tristesse, mais sans t’en vouloir. Parle-toi avec douceur : « J’ai le droit d’être déçu, mais je vais tirer une leçon de cette expérience ».
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Souviens-toi !
Quand tu vis un moment difficile, il arrive souvent qu’une petite voix en toi devienne très critique. Elle te dit que tu n’es pas assez bon.ne, que tu n’y arriveras jamais, ou que tu devrais tout abandonner. Cette voix peut sembler convaincante, surtout quand tu es fatigué.e, frustré.e ou déçu.e. Mais ce n’est pas parce qu’une pensée apparaît dans ton esprit qu’elle dit la vérité. Prends un instant pour observer ce que tu te dis intérieurement et tenter d’appliquer les trois étapes de la compassion pour soi décrites plus haut. Tu n’as pas besoin d’être parfait.e pour mériter ta propre bienveillance.