Qui sont les élèves doublement exceptionnels?
[Image à l’écran : Trois enfants qui sourient avec un livre ouvert devant eux.]
[Texte à l’écran : Élèves doublement exceptionnels. Qui sont les élèves doublement exceptionnels?]
[Image à l’écran : Trois enfants qui sourient avec un livre ouvert devant eux.]
[Texte à l’écran : Définition de la double exceptionnalité.]
[Texte à l’écran : Line Massé. Professeur titulaire, UQTR.]
[Action à l’écran : Line Massé est assise à droite de l’écran.]
Les élèves doublement exceptionnels présentent à la fois des caractéristiques de douance et des caractéristiques liées à une incapacité ou un handicap comme la surdité ou la dyspraxie, à un trouble d’adaptation, comme le trouble de déficit d’attention/hyperactivité ou le trouble du spectre de l’autisme, ou à un trouble spécifique des apprentissages.
[Texte à l’écran : Les élèves doublement exceptionnels. Douance. Incapacité - Surdité, dyspraxie. Trouble de l’adaptation - Trouble de déficit d’attention/hyperactivité, trouble du spectre de l’autisme. Trouble spécifique des apprentissages.]
[Image à l’écran : Trois enfants qui sourient avec un livre ouvert devant eux.]
[Texte à l’écran : Définition de la douance.]
[Texte à l’écran : Line Massé. Professeur titulaire, UQTR.]
[Action à l’écran : Line Massé est assise à droite de l’écran.]
Définissons d’abord ce que nous entendons par douance. Il n’y a pas de consensus sur la définition de la douance. Dans le cadre de ce projet, nous nous appuyons sur la définition de Françoys Gagné, sommité internationale en la matière. Cette définition découle de son modèle différenciateur de la douance et du talent, le MDDT.
[Texte à l’écran: Modèle différenciateur de la douance et du talent (Gagné, 2021).]
[Image à l’écran : Une image du Modèle différenciateur de la douance et du talent est présentée.]
[Texte à l’écran : Définition de la douance. Possession d’habiletés naturelles (aptitudes) remarquables dans au moins un domaine, situant ainsi la personne parmi le 10 % supérieurs de ses pairs en âge.]
[Action à l’écran : Françoys Gagné est assis à droite de l’écran.]
En résumé, la douance se définit comme suit. Ce terme désigne la possession d’habiletés naturelles (aptitudes) remarquables dans au moins un domaine, situant ainsi la personne parmi le 10 % supérieurs de ses pairs en âge.
[Texte à l’écran : Six domaines d’habiletés - 4 mentaux et 2 physiques.]
[Action à l’écran : Françoys Gagné est assis à droite de l’écran.]
Le MDDT propose six domaines d’aptitudes, dont quatre mentaux et deux physiques.
[Texte à l’écran : Habiletés mentales — intellectuelles.]
Les quatre domaines mentaux regroupent respectivement les aptitudes intellectuelles, par exemple le raisonnement inductif ou déductif [Image à l’écran : deux enfants jouent aux échecs], des habiletés verbales [Image à l’écran : un enfant lit un livre.], numériques ou spatiales [Image à l’écran : une enfant se tient devant un tableau rempli d’équations mathématiques.].
[Texte à l’écran : Habiletés mentales - créatrices.]
Des habiletés aussi créatrices : du bricolage [Image à l’écran : Trois enfants qui fabriquent une invention.], de l’écriture [Image à l’écran : Une enfant qui écrit.], de la musique, de la peinture, [Image à l’écran : Un enfant qui fait une peinture sur un mur.], de la publicité.
[Texte à l’écran : Habiletés mentales - Sociales.]
Les habiletés sociales, la perspicacité interpersonnelle, l’éloquence, la persuasion [Image à l’écran : un enfant fait un discours devant un public.], le leadership [Image à l’écran : un enfant se tient au centre d’un groupe de pairs.]
[Texte à l’écran : Habiletés mentales - Perceptuelles.]
Les habiletés perceptuelles qui rejoignent l’acuité visuelle [Image à l’écran : Gros plan sur les yeux d’un enfant.] ou auditive [Image à l’écran : Un enfant montre ses oreilles.] ou olfactive ou gustative [Image à l’écran : Un enfant goute à la nourriture qu’il cuisine.] ou tactile ou encore kinesthésique.
[Texte à l’écran : Habiletés physiques - Musculaires.]
Quant aux deux domaines physiques, ils regroupent respectivement des aptitudes musculaires: force, puissance [Image à l’écran : Une enfant montre les muscles de son bras.], vitesse, endurance [Image à l’écran : Des enfants font la course.].
[Texte à l’écran : Habiletés physiques - Contrôle moteur.]
Et les habiletés de contrôle moteur : rapidité des réflexes [Image à l’écran : Une enfant joue au badminton.], dextérité [Image à l’écran : Un enfant fait une sculpture sur bois.], agilité et équilibre [Image à l’écran : Une enfant fait de la gymnastique.].
[Image à l’écran : Trois enfants qui sourient avec un livre ouvert devant eux.]
[Texte à l’écran : Quatre cas de figure.]
[Action à l’écran : Line Massé est assise à droite de l’écran.]
Il n’existe pas un profil unique d’élèves doublement exceptionnel, car cela dépend du trouble ou de l’incapacité associée. Quatre cas de figure peuvent se présenter.
[Texte à l’écran : La douance masque l’incapacité ou le trouble. Douance.]
[Image à l’écran : Une étoile orange inscrite douance est par-dessus une étoile mauve.]
[Action à l’écran : Line Massé est assise à droite de l’écran.]
Le premier cas correspond aux élèves qui ont été identifiés comme doués, mais qui ont été en mesure de compenser leurs déficits en redoublant d’efforts [Image à l’écran : Une enfant qui fait ses devoirs avec son père.] ou en utilisant des moyens compensatoires [Image à l’écran : Une enfant qui utilise son ordinateur portable.]. Ou encore, ils réussissent les tâches scolaires actuellement parce qu’elles sont faciles pour eux [Image à l’écran : Une enfant en classe qui écrit dans son cahier.].
[Action à l’écran : Line Massé est assise à droite de l’écran.]
Ainsi, l’incapacité ou le trouble demeurent non diagnostiqués, malgré les difficultés des élèves, car leur rendement scolaire est acceptable ou qu’ils ne remplissent pas tous les critères diagnostics. À mesure que les tâches deviennent plus exigeantes [Image à l’écran : Une adolescente en classe qui réfléchit en appuyant son front contre sa main.] [Image à l’écran : Une enfant qui se couvre le visage avec ses mains.] ou que ces élèves progressent dans leur parcours scolaire, [Image à l’écran : Quatre élèves qui travaillent en classe.] [Image à l’écran : Une élève de dos qui lève sa main dans un cours donné dans un auditorium.], ils sont de plus en plus à risque de rencontrer des difficultés à l’école. Comme leur trouble ou leur incapacité restent masqués, les acteurs scolaires peuvent attribuer leur situation à un manque de motivation [Image à l’écran : Une enfant ayant le coude sur la table et sa joue appuyé contre sa main.], à un manque d’effort ou à d’autres raisons comme l’opposition [Image à l’écran : Un élève qui fait une grimace à son enseignante qui lui tend des cahiers.] ou des caprices[Image à l’écran : Une enfant en classe qui tient son crayon entre son nez et ses lèvres.].
[Texte à l’écran : Cynthia Turcotte. Mère d’un élève doué.]
[Action à l’écran : Cynthia Turcotte est assise au milieu de l’écran.]
Donc, Edmond a tout de suite été perçu par rapport à la douance versus la dyslexie, car il apparaissait en premier comme un doué avant tout. Donc, tous mes voisins ici sur la rue pourraient le dire, c’était un enfant qui parlait énormément, qui aimait parler, raconter ce qu’il connaissait, poser des questions aux autres. Quand on allait en camping, il était tout jeune, on le voyait patauger dans l’eau, rencontrer d’autres enfants. Il finissait toujours par parler avec des enfants de dix ans alors qu’il en avait quatre. Puis, nous on observait ça, les autres enfants s’éloignaient de lui. Donc, c’était clair que c’était la douance, on voyait qu’il était plus à l’aise de parler avec des adultes. Puis par la suite, c’est la dyslexie qui est apparue graduellement, dont plus franchement en troisième/quatrième année. Donc, pour lui ça veut dire vers huit ans où là on a vu plus la lenteur d’exécution, le découragement par moment. Des fois, on a eu des crises de colère, de frustration par rapport à certaines tâches. Beaucoup de sensations d’efforts puis l’impression de ne pas avoir le résultat qu’il veut, surtout que pour lui c’était important d’être le premier ou de réussir bien. Donc là, il n’obtenait pas ce qu’il voulait, donc il avait tendance à se désengager. Donc c’est ça qu’on a vu qui est apparu plus pour la dyslexie.
[Texte à l’écran : L’incapacité ou le trouble masque la douance. Incapacité. Trouble.]
[Image à l’écran : Une étoile mauve inscrite incapacité et trouble est par-dessus une étoile orange.]
[Action à l’écran : Line Massé est assise à droite de l’écran.]
Le deuxième cas concerne les élèves dont le trouble ou le déficit sont suffisamment sévères pour être diagnostiqués, mais dont la douance passe complètement inaperçue. Ces élèves reçoivent habituellement les services éducatifs concernant leurs difficultés, mais l’accent est seulement mis sur leurs faiblesses [Imagine à l’écran : Un sous-groupe d’élèves qui rit avec leur enseignante.] et ils ne reçoivent pas de mesures particulières relativement à leur douance [Image à l’écran : Une élève qui explique à son enseignante et aux autres élèves son projet d’éolienne.].
[Texte à l’écran : Sabrina Mensing. Enseignante de 4e année. École primaire Murielle-Dumont, Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys.]
[Action à l’écran : Sabrina Mensing assise au milieu de l’écran.]
Cette élève-là est arrivée dans ma classe, c’est sûr qu’on reçoit toujours un topo de l’enfant, et on m’avait dit qu’elle avait des difficultés d’apprentissage.
[Action à l’écran : Gros plan sur le visage de Sabrina Mensing.]
Elle était en début d’année très effacée. C’était une enfant qui participait très peu. Elle avait peu d’intérêt pour les activités qu’on faisait. Elle faisait son travail avec soutien. Elle réussissait correctement. Ce n’était pas une enfant qui était en échec, mais ce n’était pas non plus une enfant qui réussissait très bien.
[Texte à l’écran : Ni la douance ni l’incapacité ou le trouble ne sont identifiés.]
[Image à l’écran: La photo des trois enfants qui sourient avec un livre cache l’étoile mauve et l’étoile orange.]
[Action à l’écran : Line Massé est assise à droite de l’écran.]
Le troisième cas de figure rassemble des élèves dont les deux conditions restent inconnues puisqu’elles se masquent l’une l’autre. Ils fonctionnent comme les autres élèves de leur classe et leur rendement scolaire se situe habituellement dans la moyenne. [Image à l’écran : Une enfant en classe qui écrit dans son cahier.] Bien que leur rendement se situe dans la moyenne, ils performent en dessous de leur potentiel. [Image à l’écran : Une feuille de papier sur laquelle il est encerclé un B+ en rouge.]
[Texte à l’écran : La douance prise à tort pour un trouble. Douance. TDAH. TSA.]
[Image à l’écran : Une étoile mauve inscrite TDAH TSA qui vient prendre la place de l’étoile orange inscrite douance.]
[Action à l’écran : Line Massé est assise à droite de l’écran.]
Enfin, j’ajouterais un quatrième cas de figure. Dans ce dernier cas, les signes de douance sont pris à tort pour des difficultés comportementales ou des symptômes liés au trouble de déficit d’attention/hyperactivité ou au trouble du spectre de l’autisme. L’ennui vécu par plusieurs élèves doués représente sûrement la cause la plus fréquente de cette méprise [Image à l’écran : Un élève qui s’ennuie en classe et regarde par la fenêtre.], mais d’autres conditions peuvent entraîner des difficultés d’adaptation comme l’asynchronie développementale avec les pairs, c’est-à-dire le fait d’être en décalage sur le plan développemental avec son entourage [Image à l’écran : Une élève qui explique quelque chose à d’autres élèves.], de même qu’un niveau d’hypersensibilité [Image à l’écran : Une enfant seule en classe qui est accroupie et se cache le visage avec ses mains.].
[Texte à l’écran : Marie-Hélène Cyr. Mère d’un enfant doué.]
[Action à l’écran : Marie-Hélène Cyr est assise au milieu de l’écran.]
Quand il a commencé son parcours en maternelle, bien premièrement c’est qu’il ne se sentait pas bien accueilli par son professeur dans ce qu’il était. Il se faisait souvent réprimander parce qu’il posait trop de questions, parce qu’il voulait toujours répondre aux questions, puis parce qu’il aidait même ses amis. Puis pour lui il avait juste une bonne intention, mais il voulait que ça aille plus vite donc il aidait tout le monde autour puis il leur donnait les réponses pas pour mal faire, mais juste pour que ça avance plus vite. Puis il se sentait tout le temps brimé, puis c’est ce qui fait qu’il n’aimait pas beaucoup la maternelle. Il y a des choses qu’il a aimées. Il aimait les vendredis parce que c’était un autre professeur, puis c’était plus des mathématiques, mais pour le reste, pas tant. Sa première année aussi a été difficile à un point que peu de temps avant Noël dans sa lettre au père Noël il avait écrit : « la vie s’est dur ». Puis moi, il m’avait dit une journée qu’il voulait avoir le cancer pour ne plus avoir à aller à l’école. Donc suite à ça, on a consulté une psychologue pour savoir c’était quoi la problématique parce que les professeurs nous disaient qu’il avait probablement soit un déficit de l’attention ou qu’il avait autre chose. Mais moi je ne pensais pas que c’était ça, parce que c’était un enfant qu’on pouvait lui demander plein de choses, des tâches puis il les faisait. Je n’ai jamais senti qu’il ne comprenait pas ce qu’on lui demandait, il était capable d’être quand même concentré pour de bonnes périodes. Quand, en consultant la psychologue, elle lui a fait une évaluation pour savoir son profil au niveau de la douance. Puis c’est ça, ça nous a donné qu’il avait une douance. Mais on n’a pas pu avoir de services tout de suite en première année, il y a fallu attendre la fin de la deuxième année pour commencer à avoir des services, mais à partir de là, ça a quand même été mieux.
[Action à l’écran : Line Massé est assise à droite de l’écran.]
Plus les élèves doublement exceptionnels seront dépistés tôt et plus des mesures éducatives qui tiennent à la fois compte de leur haut potentiel et de leurs difficultés leur seront offertes, plus on jouera un rôle protecteur pour le développement de leur plein potentiel, leur réussite éducative et leur bien-être à l’école.
[Texte à l’écran : Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont accepté de participer gracieusement à cette capsule: Marie-Hélène Cyr, mère d’un élève doué; Francoys Gagné, Ph.D., professeur retraité, UQAM; Sabrina Mensing, enseignante; Cynthia Turcotte, mère d’un élève doué.]
[Texte à l’écran : Scénarisation et réalisation : Line Massé. Professeure titulaire. Département de psychoéducation, UQTR.]
[Texte à l’écran : Tournage et montage : François-Xavier Habimana.]
[Texte à l’écran : Tournage et montage : Martin Grandbois, Services des technologies de l’information, UQTR.]
[Texte à l’écran : Projet réalisé en partenariat]
[Image à l’écran : logo de LaRIDAPE UQTR, logo du Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries et logo du Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys.]
[Texte à l’écran : Soutien financier - Projet de partenariat en adaptation scolaire (Allocation supplémentaire de 15350, volet 1).]
[Image à l’écran : Logo du Gouvernement du Québec.]
[Texte à l’écran : © 2022.]