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Pavillon Benjamin-Sulte
  Niveau supérieur

LA NUIT DES IDÉES
(Re)construire ensemble

Jeudi 27 janvier 2022
Événement en ligne
16h-19h

À L'OUVRAGE ! Engagement et innovation dans les champs créatifs

 

La Galerie R3 et le Département de philosophie et des arts de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), en partenariat avec le Consulat Général de France, sont fiers d’accueillir La Nuit des idées pour sa 3e édition en Mauricie. L’événement en ligne aura lieu le jeudi 27 janvier de 16 h  à 19 h . La diffusion des interventions se fera sur les pages Facebook du Consulat Général de France à Québec et de la Galerie R3.

 

Les mois de pandémie ont amené au premier plan plusieurs crises latentes. L’une d’elles concerne le travail : ses modalités et son organisation. La Nuit des idées à l’UQTR s’engage sur des pistes de réflexion concernant les conditions de travail du futur ainsi que l’impact social autour de ces changements. Cette programmation d’exposition, de discussion, de performance et de table ronde explore les questions de l’engagement à même les conditions de création, du soin (care) et de l’impact des nouvelles technologies sur l’émancipation des savoirs : À L'OUVRAGE! est un appel à l’action.

Le soir de l’événement, une première discussion avec l’auteur Aurélien Catin et la chercheuse Laurence D. Dubuc visera à déterminer quelles formes d’engagement artistique peuvent se manifester à même les conditions de réalisation des œuvres. Sarah Chouinard-Poirier présentera une performance où iel questionne la résurgence des notions d’amour, d’immanence et de dévouement qui naturalisent l’exploitation du travail des femmes, des personnes immigrantes, des machines et des nouvelles intelligences dans le travail du soin. Finalement, une table ronde réunissant Cécile Fonrouge, professeure à l’UQTR, Marie-Ellen Petiquay & Shawn Awashish du fablab Atikamewk Wacwacte et Maël Lavenaire, chercheur à l’Université des Antilles et fondateur de la plateforme de e-learning JRVert, proposera différentes initiatives de développement des savoirs, autant techniques que culturels, au service de communautés minorisées.

Jusqu’au 12 février, la Galerie R3, en coproduction avec Vidéographe, présente l’exposition Afficher le travail de Karine Savard. Un parcours vidéo sera diffusé le 27 janvier à partir de 14 h sur nos réseaux sociaux.

Le thème « (Re) construire ensemble » invite à échanger sur les grands enjeux d’un monde marqué par la crise sanitaire, économique et sociale, par les défiances à l’égard du politique et par le repli sur soi. Portée par le réseau culturel français à l’étranger, La Nuit des idées au Québec se déploie dans toute la province avec des partenaires à Québec, Montréal, Lévis, Sherbrooke, au Saguenay et en Gaspésie. Retrouvez la programmation des partenaires ICI.

 


 

PROGRAMMATION DÉTAILLÉE

 

16 h | Discussion

Engagement :
Réflexions sur les rapports de production des artistes en arts visuels et littérature

Les confinements successifs nous ont permis de constater l’importance de la culture dans nos sociétés. Cependant, ces productions artistiques s’effectuent souvent dans la précarité de ses acteurs. Au Canada, la PCU (Prestation canadienne d’urgence) a permis à plusieurs artistes d’obtenir une situation économique favorable pour créer dans la dignité. En France, qu’est-ce que le régime de l’intermittence du spectacle peut nous enseigner sur la socialisation du salaire ? Une première discussion avec l’auteur Aurélien Catin et la chercheuse Laurence D. Dubuc visera à déterminer quelles formes d’engagement artistique peuvent se manifester à même les conditions de réalisation des œuvres.

Avec :

Aurélien Catin, auteur du livre Notre condition, essai sur le salaire au travail artistique, membre du collectif La Buse et de l’association d’éducation populaire Réseau Salariat (Paris, France)

Laurence D. Dubuc, chercheuse et candidate au doctorat en relations industrielles, UDEM (Montréal, Canada)

Animation : Fanny Latreille-Beaumont, Responsable intérimaire de la Galerie R3

 

17 h 20 | Performance

As though bodies were by love possessed

Sarah Chouinard-Poirier se réappropriera sa performance As though bodies were by love possessed, présentée en 2019 à Mexico (Mexique) où un performeur local s’était substitué à l’artiste. Prenant ancrage dans son expérience du burnout, iel questionne la résurgence des notions d’amour, d’immanence et de dévouement qui naturalisent l’exploitation du travail des femmes, des personnes immigrantes, des machines et des nouvelles intelligences dans le travail du soin. Iel critique également le maintien par l’État des travailleureuses communautaires en une main-d’œuvre bon marché œuvrant à estomper les signes d’une paupérisation croissante.

Avec :

Sarah Chouinard-Poirier, artiste et intervenante sociale (Montréal, Canada)

 

17 h 50 | Table ronde

Innovation :
Tiers-lieux culturels et retournement : vers le faire ensemble ?

Avec les principaux formateurs·trices du fablab autochtone Wacwacte de La Tuque, Marie-Ellen Petiquay & Shawn Awashish, ainsi qu’un entrepreneur-chercheur de la décolonisation aux Antilles françaises, Maël Lavenaire, cette table ronde interroge les apports innovants d’une approche décoloniale pour le travail créatif de demain. Comment reconstruire le « faire ensemble » dans les lieux innovants que sont les fablabs ? Ces « utopies » de travail collectif sont des laboratoires où y sont déconstruits les savoirs trop évidents ou imposés. À partir de l’histoire de chacun et des identités que l’on doit accepter comme multiples, les panélistes vont reconstruire le sens qu’ils accordent au travail autonome en générant des connaissances et des savoir-faire par l’utilisation des nouveaux outils technologiques. Ces innovations bénéficieront du même mélange de genres que l’on rencontre dans les fablab. Ces tiers-lieux culturels sont bien de « fabuleux laboratoires » pour penser le travail créatif de demain (Fonrouge, 2018, 2019)

Avec :

Marie-Ellen Petiquay & Shawn Awashish, organisateur·trice et formateur·trice au fablab Atikamewk Wacwacte (La Tuque, Canada)

Maël Lavenaire, auto-entrepreneure, Docteur en Histoire contemporaine, enseignant et chercheur à l’Université des Antilles, fondateur de l’université populaire RougeJauneVert (RJVERT e-learning) (Pointe-à-Pitre, Guadeloupe)

Animation : Cécile Fonrouge, Professeure, Directrice de l’institut de recherche sur les PME, UQTR

 

Jusqu’au 12 février | Exposition

Afficher le travail de Karine Savard (Montréal, Canada)
À la Galerie R3 | détails ICI

En coproduction avec Vidéographe, la Galerie R3 présente l’exposition Afficher le travail de l’artiste Karine Savard. L’artiste a conçu une série d’affiches basées sur une sélection de pamphlets-vidéos des années 1970-80. Ceux-ci portent sur le thème du travail (débuts de l’organisation syndicale, initiatives d’autogestion, prises de parole de travailleurs, etc.). Les affiches produites, détournées par l’anachronisme de leur fonction promotionnelle habituelle, explorent comment ces vidéos résonnent avec les nouveaux modes de travail contemporains, tels que le travail indépendant ou l’économie numérique.

 

BIOGRAPHIES DES INTERVENANTS·ES

Aurélien Catin est auteur et militant pour les droits économiques. Membre de l’association d’éducation populaire Réseau Salariat, il étudie la notion de « salaire à vie », en particulier dans le champ des arts visuels. Il fait partie du collectif La Buse qui rassemble des plasticien·ne·s, des commissaires d’exposition et des chercheur·euse·s en vue de conquérir un véritable statut pour les travailleur·euse·s de l’art. En 2020, il fait paraître un ouvrage intitulé Notre condition, essai sur le salaire au travail artistique chez Riot, une jeune maison d’édition dont il dirige désormais la collection « Travailler le travail ». Par la suite, il est invité à écrire pour différents journaux et revues (Le Monde diplomatique, l’art même, Théâtre/Public, etc.) où il y publie essentiellement des écrits politiques qu’il appuie en citant de récents travaux de chercheur·euse·s en sociologie du travail et en économie. Dans sa pratique, Aurélien Catin explore la thématique du travail à travers les enjeux du salaire et de la sécurité sociale. Il étudie aussi l’économie de la culture, l’histoire du droit d’auteur et les mobilisations qui agitent le champ artistique en Europe. 

Laurence D. Dubuc est née à Tiohtià :ke (Montréal) où elle termine actuellement un doctorat en relations industrielles à l’Université de Montréal. Ses recherches portent, entre autres, sur la précarité du travail artistique et sur les stratégies individuelles et institutionnelles d’amélioration des conditions de pratique des artistes. Elle participe à de vastes projets de recherche commandités par le ministère de la Culture et des Communications du Québec ainsi que par le Conseil des arts de l’Ontario, en plus de collaborer régulièrement avec des organismes tels que Hill Stratégies et le Conseil des arts de Montréal dans le cadre de divers mandats notamment liés à la révision des lois québécoises sur le statut de l’artiste. En-dehors de ses activités professionnelles, elle s’implique également dans les sphères politique et communautaire dans le but d’améliorer les conditions de vie et de pratique des artistes et des autres catégories de travailleur.se.s précaires.

Sarah Chouinard-Poirier est un·e artiste de performance et d’autres formes simples et parfois plus compliquées qui vit et travaille à Tiohtià:ke/Mooniyang/soi-disant Montréal. Iel s’intéresse aux liens entre le genre, la classe, le travail, le corps et les émotions. Sa démarche est relationnelle et axée sur l’empowerment et la valorisation des vécus, idées et savoirs des personnes concernées. Sarah est aussi travailleureuse de première ligne, organisateurice et formateurice en réduction des méfaits. 

Née à Montréal, Marie-Ellen Petiquay est une femme autochtone atikamekw ayant grandi à Manawan, un village d’environ 3000 habitants situé en Haute-Mauricie. En 2019, elle participe à une formation de FabLab Nomad pour ensuite entamer une formation plus approfondie avec les participants de FabLab Onaki à Gatineau. Elle y apprend le fonctionnement de nombreux logiciels et techniques. En février 2021, elle est invitée à devenir participante et aide-instructrice pour un nouveau FabLab nommé Wawacte à La Tuque. Enrichie de ce parcours, elle y est maintenant instructrice. Elle s’intéresse principalement aux techniques de transfert thermique de vinyle et à la sublimation afin d’illustrer des objets divers.

Né pour être entrepreneur, Shawn Awashish est un Atikamekw de 28 ans, originaire de Wemotaci. Il est instructeur au fablab Wawacte où il est chargé de créer et de documenter des projets qui peuvent ensuite être réalisés par des participants sous sa supervision. Ses matériaux de prédilection sont le cuir et le métal. Le fablab atikamekw Wawacte est un organisme à but non lucratif ayant comme objectif de recruter des jeunes âgés de 15 à 30 ans sans emploi à découvrir l’univers des technologies émergentes. La collaboration avec les entreprises locales apporte un avantage géographique à l’organisme et lui assure une productivité fluide.

Maël Lavenaire est docteur en histoire contemporaine et auteur de la thèse Décolonisation et changement social aux Antilles françaises. De l’assimilation à la « Départementalisation » ; socio-histoire d’une construction paradoxale (1946-1961). Spécialiste en socio-histoire du changement social dans les Antilles françaises au XXe siècle, il s’intéresse plus largement aux problématiques contemporaines des sociétés post-esclavagistes de la Caraïbe. Il est aujourd’hui enseignant et chercheur à l’Université des Antilles. En tant que jeune entrepreneur, il a également fondé en septembre 2020 une université populaire digitale axée sur l’histoire de la Caraïbe et destinée au grand public grâce à l’application RJVERT e-learning.

 

BIOGRAPHIES DES ANIMATRICES

Fanny Latreille-Beaumont détient une maîtrise en art visuel et médiatique de l’UQAM. En tant que travailleuse culturelle, elle s’investie dans l’organisation de la Rencontre interuniversitaire de performance actuelle (RIPA 2013, 2014 et 2015) et de la Biennale de Montréal 2014. Elle est ensuite employée par la Centrale Galerie Powerhouse ainsi que par le Centre CLARK avant d’obtenir le poste intérimaire de Responsable de la Galerie R3 à l’UQTR.

Depuis une vingtaine d’années, les recherches de Cécile Fonrouge portent sur les réseaux des entrepreneurs et leur utilité dans le démarrage et le maintien de l’activité entrepreneuriale. Elle y aborde aussi plusieurs autres thématiques ponctuelles telles que l’entrepreneuriat du luxe, des seniors et des diasporas ainsi que le rôle de la finance participative et des lieux de co-création dans l’entretien de la dynamique entrepreneuriale. Toutes ses recherches ont en commun de traiter de l’entrepreneur dit « atypique », c’est-à-dire celui ou celle qui ne se définit pas comme entrepreneur.

 

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