EDUTIC : AKI - Société et territoires autochtones
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Le voyage durant la traversée de l’Atlantique

Avant de s'installer en Nouvelle-France, l'immigrant français devait affronter les périls de la traversée. Ce voyage représentait de nombreux dangers. Les navires affrontaient les tempêtes et les bancs de brume qui cachaient les glaces flottantes qu'il fallait contourner afin d'éviter un naufrage. L'absence de vent empêchait le navire d'avancer. Dans ces conditions, la durée de la traversée était imprévisible. Elle dépendait de la température et des vents. Le voyage vers l'Amérique pouvait prendre deux mois à deux mois et demi environ. Mais il pouvait se prolonger pendant près de 100 jours. Le retour vers la France était toujours plus rapide à cause des vents d'ouest plus favorables. Il prenait un peu plus d'un mois en moyenne.

Les navires mesuraient entre 37 et 57 mètres de long, mais d'autres plus petits effectuaient aussi la traversée vers la Nouvelle-France. Le nombre de membres de l'équipage et de passagers variaient selon l'importance du bateau. On transportait aussi des marchandises, des provisions pour la traversée et des animaux vivants qui seraient consommés pendant le voyage. Dans ces navires, l'espace était très restreint et il n'y avait aucun confort. Les passagers dormaient dans des lits superposés ou des hamacs. Leurs journées étaient monotones. Trois repas par jour étaient servis. Au menu du petit-déjeuner : des biscuits souvent agrémentés de vers après quelques semaines de navigation. Pour le dîner et le souper, un potage nourrissant et, quelques fois par semaine, du poisson ou de la viande salée. Le breuvage principal était la ration quotidienne d'eau. Il y avait aussi du cidre et du vin, ces breuvages étaient également disponibles en quantité limitée.

Dès les premiers jours de la traversée, plusieurs passagers étaient atteints du mal de mer. Un mal très désagréable, mais qui n'était pas dangereux. Par contre, le mal de terre, connu sous le nom de scorbut, pouvait provoquer la mort. Cette maladie était due à un manque de vitamine C surtout causé par l'alimentation sèche et salée consommée pendant le voyage. Diverses fièvres faisaient souvent de nombreuses victimes. Des épidémies mortelles survenaient aussi à cause des mauvaises conditions d'hygiène à bord. Par exemple, sur le navire, il était impossible de faire sa toilette et de laver ses vêtements, étant donné la rareté de l'eau potable. Conservée dans des tonneaux de bois, cette eau ne restait potable qu'une trentaine de jours au plus. Lorsque la traversée se prolongeait trop, le risque de famine survenait puisque les provisions s'épuisaient. Enfin arrivé à Terre-Neuve, on pouvait s'adonner à la pêche à la morue et manger une nourriture fraîche. On était prêt à affronter le nouveau milieu de vie.

Consulter ici un témoignage de l'époque qui raconte les difficultés de la traversée