Pier-Olivier Martel

De la colle pour la peau, les cheveux et les cellules souches???

Dans notre laboratoire, nous cherchons à décortiquer le comportement des cellules souches dans le but de mieux comprendre comment elles assurent le bon fonctionnement du corps humain et la réparation de ses tissus. Nous étudions les causes qui, menant à leur dérèglement, peuvent engendrer toute une variété de maladies dont, notamment, le cancer.

Parmi les nombreux éléments impliqués de près ou de loin dans la régulation des cellules souches, je m’intéresse plus précisément au collagène, l’une des protéines les plus abondantes du corps humain. Cette protéine est une composante majeure de la structure fondamentale, la matrice extracellulaire, qui enserre chacune de nos cellules. Venant du grec ‘’Kolla’’, colle en français, son nom illustre bien sa fonction qui en une de structuration. De fait, nos différents organes sont structurés par différents types de collagène qui leur donnent tantôt la rigidité de l’os, tantôt la souplesse de la peau. Considérant sa fonction structurante, il n’est pas difficile de reconnaître que le collagène puisse jouer un rôle primordial au sein du corps humain. Mais que se passe-t-il dans le détail ? Comment le collagène affecte-t-il la communication entre nos cellules et, plus précisément, la régulation de nos cellules souches ?

Pour tenter de répondre à ces questions, il convient de recourir à un modèle expérimental de choix, le C. elegans, un ver microscopique dont les gènes et les protéines fonctionnent de manière très similaire aux nôtres. Dans ce modèle, il est possible d’observer l’effet régulateur qu’exerce sur les cellules souches la quantité de collagène qui se trouve entre elles et la cellule qui, portant le nom de niche, encadre leur activité. Comment se comportent les cellules souches lorsqu'en laboratoire on diminue ou augmente la quantité de collagène qui s’étend entre elles ? Voilà la question principale à laquelle je tenterai de répondre.

Directeur de recherche: Patrick Narbonne