Catherine Gosselin

Optimiser la prise de retraite grâce à la réserve cognitive

Avec le vieillissement démographique, une proportion croissante de la population canadienne présente un déclin cognitif. La principale conséquence de ce déclin est la perte d’autonomie qui engendre des coûts sociaux et économiques sans précédent. Alors que des études révèlent une association entre la prise de retraite et le déclin cognitif, plusieurs retraités présentent des performances cognitives équivalentes à celles des travailleurs. La réserve cognitive pourrait expliquer ces différences observées chez les retraités. Elle favorise le maintien du niveau fonctionnel malgré les modifications physiologiques cérébrales associées au vieillissement. Le niveau d’éducation et le degré de pratique d’activités cognitivement stimulantes au cours de la vie professionnelle représentent des indicateurs de la réserve cognitive.

Les objectifs de ma thèse sont : (1) d'examiner la relation entre la prise de retraite et le déclin cognitif ; (2) de préciser le rôle de la réserve cognitive dans cette relation. Les analyses portent sur les données de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement collectées auprès de 50 000 Canadiens, âgés de 45 à 85 ans. Les participants sélectionnés (n = 1442) présentent une bonne santé neurologique et ont participé aux deux temps d’évaluation des capacités cognitives. Travailleurs au premier temps de mesure, ils sont regroupés selon leur statut de retraite au second temps (retraité/non retraité). Les travailleurs et les retraités sont jumelés en fonction de la langue, de l’âge, du sexe et du niveau d’éducation afin de créer deux groupes de participants qui possèdent des caractéristiques sociodémographiques équivalentes. Les variables de l’étude sont : le statut de retraite, les capacités cognitives et le niveau de réserve cognitive. Les capacités cognitives sont évaluées par des tests de mémoire, des fonctions exécutives et de vitesse de traitement. La réserve cognitive est mesurée par les niveaux d’éducation et de complexité de la profession. Les résultats préliminaires témoignent d’un effet négatif de la prise de retraite sur le déclin cognitif à des tests mesurant les fonctions exécutives et la vitesse de traitement.

De prochaines analyses incluant la réserve cognitive tenteront d’apporter des précisions sur son rôle dans la relation entre la prise de retraite et le déclin cognitif.  

Directeur de recherche: Benjamin Boller