Cindy Levesque-Boissonneault

« J’peux pas manger si j’ai rien à boire, sinon ça jamme » : peut-on mieux prévenir les troubles de déglutition chez les patients traités pour un cancer de la tête et de cou?

Les troubles de la déglutition (dysphagie) et l’atteinte du goût et/ou de l’odorat sont des effets secondaires fréquents de la chimioradiothérapie (CRT) utilisée pour traiter les cancers de la tête et du cou. Il est difficile d’intervenir efficacement pour prévenir la dysphagie parce que la majorité des patients adhèrent peu aux exercices recommandés. Cela est problématique, parce que la dysphagie qui survient pendant les traitements peut persister dans le temps et entraîner des conséquences négatives pour la santé et la qualité de vie.

Dans le but d’améliorer l’adhésion thérapeutique, les orthophonistes du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) ont développé en 2018 une nouvelle approche d’intervention qui implique des rencontres hebdomadaires de groupe guidées par un orthophoniste et un patient partenaire. Cette nouvelle approche a démontré des résultats encourageants dans une étude menée en 2019 par notre équipe. Depuis, vu les contraintes imposées par la pandémie, l’intervention de groupe a été adaptée pour la télésanté. On l’appelle l’Intervention orthophonique virtuelle de Groupe en déglutition Guidée par un patient partenaire (ou Intervention eG2). On ne sait toutefois pas encore si l’Intervention eG2 permet réellement d’améliorer l’adhésion thérapeutique et la déglutition des patients qui y participent ni si d’autres effets secondaires contribuent à occasionner ou exacerber leur dysphagie. L’hypothèse de mon projet de thèse est qu’une meilleure adhésion thérapeutique, favorisée par l’Intervention eG2 et par une compréhension approfondie des différents facteurs d’influence, permettra de mieux prévenir la dysphagie qui survient pendant la CRT. Nous visons donc à mieux comprendre les barrières et facilitateurs à l’adhésion thérapeutique et le rôle des atteintes du goût et de l’odorat dans la survenue de la dysphagie, de façon à prévenir son installation et à améliorer la qualité de vie des patients. Deux nouvelles études permettront de répondre aux objectifs de ce projet. La première vise principalement à explorer quels sont les barrières et facilitateurs à l’adhésion thérapeutique chez des patients qui participent à l’Intervention eG2. La deuxième vise à préciser le lien entre la dysphagie et d’autres effets secondaires des traitements, dont l’atteinte du goût et de l’odorat, chez des patients traités par CRT et chez des participants recevant de la chimiothérapie seule ou aucun traitement.

Ce projet contribuera à améliorer les connaissances et les pratiques cliniques auprès des patients traités pour un cancer de la tête et du cou, de façon à réduire l’impact des traitements sur leur santé et leur qualité de vie.

Équipe de direction: Johannes Frasnelli et Marie-Ève Caty