Coline Zigrand

Odorat perturbé : une conséquence invalidante après un choc violent à la tête

Les commotions cérébrales sont causées par un coup suffisamment important à la tête pour altérer temporairement le fonctionnement neurologique. Parmi les nombreuses conséquences engendrées par les commotions cérébrales, l’altération de l’odorat demeure peu explorée et revêt pourtant un caractère capital.

En effet, cette altération peut empêcher la détection de certains signaux essentiels à la survie tels que la présence de fumée ou de nourriture avariée. Elle peut également générer de l’anxiété ou de l’isolement social par peur de sentir mauvais. Finalement, une altération de l’odorat diminue le gout des aliments et peut mener à la perte de certains emplois tels que celui de chef cuisinier.

Ainsi, ce projet de recherche vise à étudier les capacités olfactives chez des patients ayant subi une commotion cérébrale. Pour ce faire, nous avons mesuré les capacités olfactives de 53 patients ayant subi une commotion cérébrale et 53 participants contrôle. Parmi eux, 32 patients ayant subi une commotion cérébrale et 38 participants contrôle ont accepté de revenir 6 mois plus tard pour le suivi. Ainsi, les capacités olfactives ont été mesurées à l’aide d’un outil expérimental à deux reprises : 2 à 4 semaines (phase aigüe) et 6 mois (phase chronique) après l’accident. Plus précisément, nous avons évalué le taux de détection de 4 odeurs familières ainsi que leur degré d’intensité et d’agréabilité. Les 4 odeurs que nous avons utilisées étaient l’eucalyptol, le benzaldéhyde, le fromage parmesan et le géraniol.

Les résultats montrent que 2 à 4 semaines après le traumatisme, les patients détectent moins bien les odeurs et les perçoivent comme étant plus intenses et moins agréables par rapport aux participants contrôles. Néanmoins, six mois plus tard, ces différences ne sont plus retrouvées.
Pour conclure, après une commotion cérébrale, la perception des odeurs est altérée. Toutefois, l’odorat semble récupérer spontanément dans les 6 premiers mois après le traumatisme.

Équipe de direction: Benjamin Boller et Johannes Frasnelli