Thervilson Froius Mulatre

Comportement discriminatoire et pathologie, une description phénoménologique du racisme.

Nous appelons « comportements ségrégatifs » les attitudes d’une personne caractérisées par la manifestation visible ou non de tout acte, parole, action, ou indifférence tendant à séparer des individus ou groupes d’individus au profit d’autres individus ou d’autres groupes d’individus afin de poser l’autre comme inférieur. En ce sens, « les comportements ségrégatifs » peuvent s’étendre à des affects différents dont le sexisme, et le racisme.

Le racisme est une forme de discrimination basée sur un système de pensée, de croyances et de préjugés liés à un sentiment de supériorité raciale et /ou culturelle et à ce que Daniel Sibony appelle une « haine identitaire ». Si les préjugés sont souvent jugés comme étant mauvais, ils ont beaucoup d’intérêt pour le « raciste » dans la mesure où « ils aident leur bonhomme à vivre, le temps qu’il soit en mesure de les revoir  ».
L’antiracisme, qui est une sorte d’opposition aux idéologies racistes, n’arrive toujours pas à se démarquer des préjugés qui sont à la base du racisme. Tout en voulant dénoncer le racisme, il rentre dans le même carcan que cet affect. C’est en en ce sens que Pierre André Taguieff considère l’antiracisme comme un double du racisme.

Cela dit, il est clair que le comportement raciste est toujours lié à un préjugé et /ou un stéréotype et que le stéréotype empêche de penser au delà généralisation et, par là même, peut être considéré comme un symptôme psychiatrique ; n’est -on pas en droit de dire que le comportement raciste est une maladie, une pathologie ?

Les travaux de Michel Foucault sur la pathologie mentale, de Daniel Sibony sur « l’affect racial » ou encore sur « l’angoisse identitaire » et de de Lewis Gordon sur la phénoménologie post-colonial, peuvent bien nous aider à débattre cette question.

Directrice de recherche: Syliane Charles