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SCEDHS / NAESECS
Appel à communications

Éthique(s) des Lumières

Si le terme « éthique » est aujourd’hui omniprésent et semble avoir supplanté dans les interrogations sur les rapports du sujet à ses actions celui de « morale », désormais réputé normatif, ce n’est certes pas le cas au siècle des Lumières, où il est généralement confiné à une dimension didactique. Par « Éthique(s) des Lumières », nous proposons d’interroger le siècle à la fois dans l’historicité de ses concepts et de ses pratiques, mais aussi dans les rapports que ces concepts et pratiques entretiennent avec notre contemporanéité. Le choix du mot « Éthique », préféré à celui de « Morale », entend ici proposer un élargissement de la réflexion des relations de l’individu à tout le vivant et, d’une façon plus étendue encore, à la nature, à ce qu’on appellerait aujourd’hui l’environnement.

Bien que le XVIIIe siècle ait valorisé l’expérience personnelle, avec ses désirs, ses plaisirs et ses rêves, il n’a pas négligé pour autant les rapports qu’entretient chaque individu avec les autres et le monde. Par exemple, lorsque la philosophie, la littérature ou les arts des Lumières insistent sur l’importance de la sensibilité, c’est souvent pour décrire la capacité de chacun à s’identifier aux sentiments d’autrui. En d’autres termes, souci de soi et souci des autres ont partie liée. Or cette dimension éthique qu’acquiert le souci de soi au XVIIIe siècle requiert d’autant plus l’attention que notre époque s’interroge avec insistance sur les fondements du lien social, sur ce qui unit les êtres entre eux et, par-delà, à la nature et au monde.

C’est dans ce contexte que nous sollicitons toute étude – qu’elle relève de la littérature, de la philosophie, de l’histoire, de l’histoire de l’art, ou encore de la pensée politique – susceptible d’approfondir la compréhension des différents concepts, enjeux, pratiques, représentations mobilisés par l’éthique des Lumières. Les interrogations suivantes proposent, de façon non exhaustive, quelques pistes de réflexion :

  • Quels thèmes privilégiés sont investis par les discours éthiques ? Ces thèmes empruntent-ils, pour se dire, des formes nouvelles ? Quelles figures et quels modèles, nouveaux ou revisités, ces thèmes mobilisent-ils ?
  • Comment envisager les rapports entre pensée morale et fiction et, plus généralement, entre pensée morale et art ?
  • Quels jugements la morale porte-t-elle sur le divertissement et, inversement, quelle place revient à la morale dans le divertissement (théâtre, musique, jeu, etc.) ?
  • De quelle manière les multiples discours éthiques entrent-ils en concurrence, voire en conflit ? Sur quels principes s’entendent-ils ?
  • Quel rôle est dévolu au sentiment dans la compréhension du nouveau rapport à soi, à autrui, à la nature, à l’animal ?
  • Quelles idées nouvelles de la justice et du droit émergent de la critique des pratiques judiciaires de l’Ancien Régime ?
  • Quels principes, quelles théories politiques la question éthique suscite-t-elle et en quoi interrogent-ils le devenir des individus et des sociétés ?
  • Quels changements dans l’espace public accompagnent les transformations éthiques ainsi esquissées ?
  • Quels changements les questionnements éthiques entraînent-ils dans l’enseignement et l’éducation, puis dans la formation du citoyen ?
  • Dans quelle mesure les discours éthiques influent-ils sur les moyens de diffusion du savoir, notamment le monde de l’édition, de la librairie et de la presse ?

Dates limites

Les propositions individuelles doivent contenir le titre de la communication, un résumé de 150 mots et une brève notice biographique indiquant le nom, l’adresse électronique, le statut académique et l’affiliation institutionnelle du présentateur. Elles seront évaluées dès réception. Date d’échéance des propositions individuelles : le 15 juin 2019

Veuillez, s’il vous plaît, faire parvenir vos propositions à l’adresse suivante : sceds-csecs-2019@lit.ulaval.ca. En accord avec la tradition de la SCEDHS, les ateliers et les communications consacrés à d’autres sujets qui ont trait au XVIIIe siècle sont également les bienvenus. Les participants peuvent présenter leur communication en anglais ou en français. Lumen, la revue de la Société, accueillera une sélection d’articles tirés des communications présentées lors de ce colloque. Enfin, tous les participants devront avoir réglé leurs frais d’adhésion à la SCEDHS.