Maurice Grevisse
Divers/liens

Chansons et divers liens

Chansons des prépositions et des conjonctions    

Deux chansons sur des airs bien connus qui permettent de mémoriser les principales prépositions et conjonctions de façon amusante. Elles sont enseignées dans quelques écoles québécoises depuis plus
de quinze ans et certains adultes y ont encore recours à l'occasion! 
    

Les chansons sont interprétées par Audrey Ménard, étudiante au baccalauréat en enseignement
préscolaire-primaire. Enregistrement effectué en janvier 2004, UQTR.
 

On pourra entendre la chanson des prépositions à cet endroit.

Sur l’air de « C’est la Mère Michel qui a perdu son chat... »:

     «  à - après - avant - avec - chez - contre - dans
        de - depuis - derrière - dès - devant - durant
        en - entre - envers
        hormis - malgré - jusqu’à
        par-dessus - par-dessous - outre - parmi - pendant
        pour - sans - selon - suivant
        sur - vers - vis-à-vis de
        sont les prépositions les plus usuelles.
»    

On pourra entendre la chanson des conjonctions à cet endroit.

 Sur l’air de « Si tu aimes le soleil... »

       « cependant - sinon - pourtant - toutefois
        car - ni - or - ainsi - ensuite - lorsque
        alors - donc - enfin - et - quand
        puisque - puis - comme - si - ou

        quoique - mais - aussi - combien - néanmoins

        sont les conjonctions les plus retenues.
        La conjonction est un mot invariable
        qui sert toujours à unir
        deux mots de même fonction
        deux groupes de mots ou deux propositions. » 

                                    Une entrevue de l'écrivain Hervé Bazin à propos de Plumons l'oiseau

                              Hervé Bazin, dont un témoignage au sujet de M. Grevisse
                              est rapporté dans la pagedes hommages, est l’auteur de
                              Plumons l’oiseau (Grasset, 1966), petit essai drolatique
                              sur la structure de l’orthographe du français. Cet essai
                              avait été écrit,à partir du discours d’un imaginaire professeur
                              Alexis Patagos, tenu en 1962 dans la ville de Trois-Rivières
                              au Québec, ville où se trouve le présent site.

PLUMONS L'OISEAU
un conte drolatique qui se passe à...Trois-Rivières !

Hervé Bazin

louis

ENTREVUE D’HERVÉ BAZIN

Extrait d'une entrevue réalisée par Jean-Pierre Tusseau, pour la revue québécoise Nuit Blanche, au domicile angevin d’Hervé Bazin, printemps 1995. 

J-P.T. : Dans un essai très drôle, Plumons l'oiseau, le professeur Alexis Patagos donne au séminaire de Trois-Rivières (encore un livre que vous situez au Québec) une conférence au cours de laquelle il évoque le problème de l'absurdité de l'orthographe française. Êtes-vous partisan d'une réforme radicale ?

H.B. : C'était un formidable gag qui, entre parenthèses, m'a demandé un énorme travail de recherche sur les difficultés du français. La langue française est tout à fait particulière et n'a rien à voir avec le rationalisme. Assez contradictoirement, nous sommes partis d'une langue synthétique, le latin, dont la forme était relativement libre en se servant des cas, de la déclinaison. Nous sommes arrivés à une langue analytique où la place des mots est, au contraire, rigoureusement obligatoire (sujet, verbe, complément). En 2000 ans, nous sommes allés de l'une vers l'autre. Il est vrai que beaucoup de lettres doubles ne signifient rien et que certaines graphies sont faussement étymologiques. Certaines viennent du XIIe siècle.

On rédigeait les actes officiels en latin. Bien entendu, comme une partie sans cesse grandissante de la population n'y comprenait rien, on a décidé qu'il fallait traduire pour la « canaille ». Les traducteurs ont transcrit comme ça leur a plu. Ils étaient payés au rôle; plus le rôle était long, plus ils étaient payés. Ils avaient donc intérêt à multiplier les lettres géminées. On a gardé tout ça. Cela dit, la réforme me paraît impossible. On peut simplifier l'orthographe d'une langue comme l'italien qui est une langue sonore mais que peut-on faire de tous ces e caducs (qu'on appelle abusivement e muet), de toutes les liaisons qui sont très particulières au français ? Il faut tenir compte aussi de la différence d'élocution entre le Nord et le Midi de la France. À propos de ce livre, le général de Gaulle m'avait écrit : « ...je ne comprends que trop bien la mort découragée du professeur Patagos. La langue française, orthographe comprise, est en somme inébranlable et à l'abri du perfectionnement. »

J-P.T. : Aucun de vos romans ne se passe au Québec, et pourtant il en est souvent question dans votre œuvre. Salomé, la fille de Jean Rezeau, dans le Cri de la chouette, s'enfuit à Montréal avec son ami Gonzague. Le personnage de Coquatrix, dans une nouvelle du Grand méchant doux, aboutit à Trois-Rivières. Dans Le neuvième jour, la femme de Martin Lansdale, remariée au Québec, est devenue Madame Vadeboncoeur. Vous avez pour le Québec un attachement particulier.

H.B. : Je suis allé douze fois au Québec. J'y suis allé une première fois il y a près de cinquante ans de façon assez curieuse, à la place du père Grasset, dont la fortune tenait essentiellement à un livre qui lui avait rapporté beaucoup d'argent, Maria Chapdelaine. Il m'a demandé de faire le pèlerinage auquel on l'avait convié. C'est ainsi que j'ai découvert le Saguenay, le Lac-Saint-Jean, la maison de Maria et celle de Louis Hémon à Péribonka. J'espère que c'était authentique. Rien n'était encore aménagé. Je suis descendu chez un neveu de Maria, ou prétendu tel, qui tenait un motel et je suis allé à la pêche avec lui.

Je suis retourné au Québec l'année suivante pour une conférence. J'y ai longuement séjourné en 1958-59, invité par le Conseil des Arts du Canada, qui a mis une bourse à ma disposition. J'ai été embauché par le Petit Journal qui m'a demandé de présenter le Canada (pas seulement le Québec) de mon point de vue. Je n'étais pas encore très connu à l'époque ni très argenté. J'ai voyagé avec ma petite amie dans une voiture d'occasion que j'ai laissée sur place quand je suis rentré en France. J'ai beaucoup aimé la Gaspésie, les Cantons de l'Est, l'Outaouais. Je suis allé jusqu'à Rouyn. Le premier Québec que j'ai connu, c'était le Québec des curés. C'étaient alors des personnalités très influentes et respectées. On pouvait lire un peu partout des petits panneaux triangulaires sur lesquels était écrit : « Pourquoi me blasphèmes-tu ? »

À Sainte-Anne-de-Beaupré, j'ai assisté au pèlerinage des Indiens et j'ai été très étonné de voir qu'à côté du faste religieux on prenait l'eau sainte dans des petits gobelets en carton. J'ai même vu les zouaves pontificaux monter la garde avec leurs fusils en bois! Je suis allé dans les réserves, à Mistassini. J'ai résidé à Québec, rue des Braves, chez Roger Lemelin. Il avait écritAu pied de la pente douce, qui reste à mon avis son meilleur livre. Roger était alors dans sa « période des cretons ». Il avait fondé une usine. Après, il a tout vendu pour acheter, si je ne m'abuse, une station de télévision. Ensuite, il est devenue directeur du grand quotidien La Presse, ainsi que responsable des éditions de La Presse.

Je suis revenu de nombreuses fois pour des émissions comme Le sel de la semaine. J'ai admiré le travail des recherchistes qui savaient parfois sur ma famille des détails que j'ignorais moi-même. J'y suis revenu aussi avec l'Académie Goncourt. La dernière fois, c'était avec le maire d'Angers, Jean Monnier, pour la présentation, à Montréal, des tapisseries du Chant du monde[Série de dix tapisseries réalisées par Jean Lurçat (1892-1966) et exposées depuis 1967 à Angers dans le cadre médiéval de l'ancien Hôpital Saint-Jean, rebaptisé Musée Jean-Lurçat.]. À l'occasion, j'ai même assisté, dans la loge du maire de Montréal, à une partie de baseball. Ça m'a paru bien compliqué.

 

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Dernière mise à jour | 2017-04-06