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Expériences et étapes de vie

Le Service de psychologie publie régulièrement, dans le cyberjournal En tête, de courtes chroniques portant sur différents thèmes en psychologie. Vous trouverez dans cette section certaines de ces chroniques s'adressant à la communauté universitaire.  Vous pouvez aussi consulter d'autres chroniques publiées antérieurement en cliquant sur le lien suivant ; http://www.uqtr.ca/resultats_recherche.shtml?q=avis+psychologique

Bonne lecture!

Chroniques - Expériences et étapes de vie

La perte et le deuil

Collaboration de Josiane Fournier, consultante en psychologie

perte d'un être cher

Karine est complètement dé-semparée. Elle a perdu son père qui est décédé subitement d'un malaise cardiaque.

perte d'un rêve

Francis, joueur de hockey de haut niveau, s'est blessé lors d'un match. Il ne pourra plus jouer au hockey et doit renoncer à la carrière professionnelle qu'il avait envisagée.

perte de santé et de capacités

Marie vient de recevoir un diagnostic de sclérose en plaques. Peu à peu, elle verra ses capacités diminuer.

perte d'un idéal

Pierre travaillait fort depuis des années dans le but de devenir directeur d'entreprise. C'est un de ses collègues qui vient d'obtenir le poste.

perte d'un être cher, d'un rêve et d'un idéal

Stéphanie vient d'être quittée par son conjoint qu'elle aimait plus que tout et avec qui elle voulait fonder une famille.


Dans toutes les situations décrites, chaque personne est confrontée à une perte et aura à faire un processus de deuil pour surmonter l'épreuve qui lui arrive.

De même, nous aurons tous à vivre des deuils au cours de notre vie.

Le deuil est une réaction normalement attendue suite à une perte physique ou affective. L'intensité et la durée du processus de deuil dépendent de la nature de la perte. Une personne qui apprend le décès d'un proche, qui perd un emploi, qui met fin à une relation amoureuse ou qui échoue à un examen va nécessairement traverser un processus de deuil, puisqu'elle doit prendre conscience de la réalité de la perte, vivre ses émotions, créer un nouveau lien avec la personne ou avec les projets non achevés, accepter la perte et réinvestir sa vie.

Plusieurs auteurs dans la littérature sur le deuil font référence aux 5 étapes du chagrin d'Élizabeth Kübler-Ross, soit le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation. Il faut être prudent face à l'interprétation des travaux de Kübler-Ross; le processus de deuil est complexe et non linéaire. Il n'existe pas de réelle marche à suivre lorsqu'il est question d'une perte ou d'un deuil.

Dans son article sur le deuil, Flavia Mazelin-Salvi (2010)[i] soulève le tabou de société entourant la mort et la perte en faisant remarquer l'utilisation récurrente de l'expression « Faire son deuil » laquelle paraît être le synonyme de « Passer à autre chose ». Conséquemment, plusieurs personnes s'inquiètent d'être anormales lorsque leur processus de deuil est long et douloureux. Il est à noter qu'il n'existe aucune catégorie diagnostique pour le deuil compliqué, anormal ou pathologique; il est nécessaire de prendre en compte le contexte du processus de deuil, ainsi que les facteurs internes et externes avant d'affirmer qu'un travail de deuil n'évolue pas comme il le devrait.

En réaction à un deuil, il est naturel de vivre une période de choc et des émotions négatives variées, telles qu'un sentiment de culpabilité face à des actions non entreprises lorsque la personne était vivante, de l'insomnie, une tendance à l'isolement social, le souhait d'être décédé en même temps que la personne aimée et une perte d'intérêt pour les activités de la vie quotidienne[ii]. Il serait préoccupant qu'une personne refuse de prendre conscience de la perte et qu'elle mette tout en œuvre pour refouler ses émotions négatives. Malgré la croyance populaire, il n'y a aucun avantage à effectuer son processus de deuil dans un temps record !

Dans les faits, le travail de deuil vise une période de réorganisation de sa vie en fonction de la perte vécue. L'acceptation de la perte se fait de manière progressive au même titre qu'une phase de réadaptation pour une personne ayant subi une blessure physique.[iii] Il est important de se rappeler que l'objectif du travail de deuil n'est pas de faire disparaître toute trace de tristesse, de colère ou de douleur, mais bien de s'assurer que les émotions négatives prennent de moins en moins de place dans la vie de la personne.

En période de deuil, l'entourage peut parfois se sentir déstabilisé et ne pas savoir quoi dire à la personne qui vit la perte, ce qui est tout à fait normal. Dans cette situation, il est préférable de ne pas recourir à des formules toutes faites et de référer la personne vers des ressources adaptées.


[i] Mazelin-Salvi, F. (2010). Accepter le temps du deuil. Repéré à http://www.psychologies.com/Moi/Epreuves/Deuil/Articles-et-Dossiers/Accepter-le-temps-du-deuil
[ii]  De Montigny, J. (Novembre 2002). Quand le deuil se complique. Psychologie Québec, 19-22.
[iii] Association québécoise de prévention du suicide. (n.d.). Comprendre le deuil. Repéré à http://www.aqps.info/comprendre/deuil.html

Pour voir autrement l'homosexualité

Collaboration de Sylvie Robidoux, psychologue aux Services aux étudiants

Beaucoup de gens croient à tort que l'homosexualité est une sexualité différente. En réalité, il n'y a pas de comportements sexuels particuliers qui distinguent les personnes homosexuelles des personnes hétérosexuelles. C'est plutôt le sexe de la personne pour laquelle est éprouvé un attrait physique ou amoureux qui diffère d'une orientation sexuelle à l'autre. Il faut donc bien distinguer l'orientation sexuelle, qui est l'attirance affective et érotique pour une personne de son sexe, du sexe opposé ou des deux sexes, de l'identité sexuelle qui est le sentiment d'appartenir au sexe masculin ou féminin.

Le continuum de Kinsey

Encore à ce jour, il existe peu d'études permettant de connaître avec exactitude les orientations sexuelles de la population. À la suite d'études réalisées aux États-Unis dans les années 1950 par A. Kinsey, on se réfère maintenant au continuum des orientations sexuelles qu'il a développé, l'échelle de Kinsey. Ainsi, l'hétérosexualité et l'homosexualité ne sont pas deux orientations sexuelles et amoureuses distinctes mais constituent les deux pôles d'un même continuum de l'orientation sexuelle qui s'échelonne ainsi :

0 pour hétérosexualité exclusive

1 pour hétérosexualité prédominante, avec quelques activités homosexuelles

2 pour hétérosexualité préférentielle, avec des activités homosexuelles plus qu'occasionnelles

3 pour bisexualité, autant d'activités hétérosexuelles que d'activités homosexuelles

4 pour homosexualité préférentielle, avec des activités hétérosexuelles plus qu'occasionnelles

5 pour homosexualité prédominante, avec quelques activités hétérosexuelles

6 pour homosexualité exclusive

On évalue que 21 à 30 % des hommes et 13 à 20 % des femmes ne sont pas exclusivement hétérosexuels au cours de leur vie.

Les causes de l'homosexualité

Jusqu'à présent, toutes les hypothèses avancées pour expliquer l'homosexualité ont été réfutées. Il n'existe pas de données scientifiques probantes permettant d'identifier une ou des causes à l'homosexualité. Ainsi, il n'a pas été démontré que l'homosexualité serait causée par des facteurs génétiques, par un débalancement hormonal, qu'elle serait le résultat d'un abus sexuel, d'une déception amoureuse ou d'un conditionnement de l'environnement. Une personne naîtrait soit hétérosexuelle, soit homosexuelle, comme elle naîtrait droitière ou gauchère.

Quelques préjugés sur l'homosexualité

L'homosexualité est une maladie mentale : depuis 1973, l'Association américaine de psychiatrie (APA) a rayé l'homosexualité de la liste des maladies mentales (DSM) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait de même en 1991.

L'homosexualité est contagieuse : l'orientation sexuelle ne se transmet pas et serait peu influencée par la proximité ou par l'exemple d'autres orientations. Ainsi, la très grande majorité des personnes homosexuelles proviennent de milieux familiaux où l'hétérosexualité était la règle.

L'homosexualité est synonyme de pédophilie : les personnes d'orientation homosexuelle ne commettent pas plus d'abus sexuels que les personnes d'orientation hétérosexuelle. En fait, selon plusieurs études, c'est par des proches hétérosexuels que les enfants, garçons ou filles, risquent le plus d'être abusés.

L'homosexualité est synonyme d'incapacité parentale : l'orientation sexuelle d'un parent ne garantit nullement ses capacités ou incapacités parentales.

L'homosexualité peut être guérie : les spécialistes en santé mentale sont d'avis que cela n'a pas lieu d'être. Le travail du psychologue consiste plutôt à aider la personne à surmonter les effets de la stigmatisation pouvant mener à des troubles émotifs.

Démystifier le choc culturel

Collaboration de Sol Rivard, psychologue aux Services aux étudiants

Différents contextes de mobilité internationale sont susceptibles de provoquer un choc. Qu'il s'agisse de la migration ou du séjour d'étude à l'étranger, on peut difficilement échapper aux turbulences! Toutefois, avant de parler de choc culturel, nous devons préciser qu'il existe un autre choc qui lui est préalable, soit celui entre le séjour imaginé avant de partir et le séjour réel. Au départ, chacun a des attentes et des ambitions. Chacun rêve son séjour, mais comme dans tout autre domaine, il existe un décalage entre ce qui est rêvé et ce qui se produit dans les faits. Ce décalage cause le premier bouleversement vécu par celui qui part à l'étranger.

Viennent ensuite les différences environnementales, administratives et socioculturelles qui sont toutes susceptibles d'ébranler le nouvel arrivant. Plus ces différences sont grandes, plus le choc culturel est susceptible d'être important.

Une question se pose cependant : comment pouvons-nous expliquer le choc culturel?

Premièrement, il faut dire que rien dans la culture ne prépare à la différence culturelle. La culture propose des représentations concernant la plupart des grandes différences faisant partie de la vie humaine telles la différence entre les humains et les animaux, entre les hommes et les femmes, entre les jeunes et les vieux, etc., mais elle n'introduit pas de questionnement quant à sa propre différence (Kaës, 1998). Autrement dit, la culture ne se présente pas à celui qui la reçoit comme étant l'une parmi les cultures, mais plutôt comme étant une donnée universelle. Ce faisant, lorsque les autres cultures sont rencontrées, cela peut être vécu par la personne comme une mauvaise surprise, voire une transgression menaçante.

Deuxièmement, en l'absence de préparation à la différence culturelle, la personne recourt souvent à ses propres références culturelles pour interpréter les comportements des gens issus d'autres nationalités. Par exemple, imaginons que dans la culture de Monsieur Y., les règles de l'amitié permettent aux invités de se servir eux-mêmes dans le garde-manger des gens qui les reçoivent et que, dans la culture de Monsieur Z., les amis en visite doivent plutôt attendre qu'on leur offre à boire ou à manger. À la longue, s'ils sont en relation, il y a fort à parier que Monsieur Y. prendra tout ce qu'il veut dans le garde-manger de Monsieur Z. et que Monsieur Z. attendra toujours qu'on lui offre quelque chose. Jusqu'au moment où ce dernier s'impatientera pour finalement demander à Monsieur Y. s'il va oui ou non finalement lui proposer un rafraîchissement. Ce à quoi Monsieur Y. pourra répondre que, s'il doit faire cela, c'est que Monsieur Z. n'est pas son ami. En effet, suivant cette logique particulière à sa culture, Monsieur Y. pourra penser que si Monsieur Z. était vraiment son ami, il se comporterait comme tel et irait lui-même se chercher quelque chose dans son garde-manger… Bref, quelle que soit notre nationalité, on ne se demande pas toujours ce que cela signifie pour l'autre, dans sa culture, d'adopter tel ou tel comportement. On ne se demande pas non plus à quoi servent, sur le plan affectif, les réponses culturelles particulières. Chacun évalue et interprète les choses en rapport à son propre bagage culturel. Et en référence à son code personnel, la réponse de l'autre peut facilement être perçue comme un rejet!

Troisièmement, il faut dire que les relations entre personnes de cultures différentes provoquent des changements chez tous ceux qui sont impliqués dans ces relations (Demorgon, 2005). Comme nous l'avons vu précédemment, les questions auxquelles les personnes de nationalité différentes doivent répondre sont les mêmes : le rapport à la nature, la différence des sexes, la différence des générations, la relation d'amitié, etc., mais les réponses à ces questions varient d'une culture à l'autre. Ainsi, quand deux personnes issues de culture différente se rencontrent, il faut souvent déterminer quelle réponse sera retenue. Parfois, il s'agira d'une réponse intégrale fournie par l'un et adoptée telle quelle par l'autre. Préférablement, il s'agira d'une réponse complémentaire. Soit une réponse nouvelle composée des deux réponses culturelles initiales. Mais, même dans ce dernier cas, le mélange des réponses culturelles distinctes engendre la perte de certaines particularités, de certains héritages qui en faisaient partie. Ce changement peut également être vécu négativement.

En conclusion, je crois que l'on peut comprendre le choc culturel, mais qu'on ne peut l'éviter ou en faire l'économie. Ce faisant, être prêt à y faire face signifie être prêt à transformer nos représentations et nos affects en lien avec l'expérience négative qu'il suscite (Kaës, 1998). Comme le souligne le philosophe Luc Ferry (2002), le contact interculturel requiert un travail d'élargissement de la pensée.


Références

Demorgon, J. (2005). Les sports dans le devenir des sociétés : médiations et média.

Paris : L'Harmattan.

Ferry, L. (2002). Qu'est-ce qu'une vie réussie. Paris : Grasset.

Kaës, R. (1998). Différence culturelle et souffrances de l'identité. Paris : Dunod.

Conciliation famille-études… tout un défi!

Collaboration de Marie-Claude Charbonneau, psychologue

Maryse a deux enfants d'âge préscolaire. Son dernier congé de maternité l'a amené à faire le point sur ses projets professionnels. Après y avoir longuement réfléchie, elle a décidé de s'inscrire au baccalauréat en psychoéducation. Pour sa part, Guillaume travaille en informatique depuis quelques années et a la garde partagé de sa fille de 10 ans. Il souhaite mettre à jour ses compétences pour être plus compétitif sur le marché du travail en s'inscrivant au certificat en informatique.

Leur entrée à l'université s'est déroulée sous le signe de l'enthousiasme mais,  rapidement, les défis de la conciliation étude-famille se sont fait sentir : fatigue dû au rythme de vie effréné et au manque de sommeil, stress financier, stress de réussir ses examens, difficultés d'organisation, nouveau partage des tâches dans le couple ou encore surplus de tâches pour les parents monoparentaux, gestion des imprévus reliés à la vie familiale, etc. Ils en viennent ainsi à remettre en question leur projet.

Si vous vous trouvez dans cette situation,  sachez que vous n'êtes pas seul. Mais que faire pour maximiser les chances d'atteindre vos objectifs?

Dans un premier temps, une bonne hygiène de vie vous aidera à faire face aux diverses exigences de votre quotidien. Dormir suffisamment, avoir une alimentation saine et variée, s'oxygéner, faire de l'activité physique régulièrement et avoir des moments de détente et de loisir vous aideront à rester en santé et par le fait même à mieux gérer le stress. Parce que vous êtes très important dans la vie de vos enfants, réservez-leur régulièrement des moments privilégiés où le plaisir sera à l'honneur afin de décompresser en famille. Qui dit gestion du stress dit aussi cultiver des attentes réalistes par rapport à soi, à son couple, à ses enfants, à ses études, à son travail, etc. La perfection n'existe pas!

Une autre clé du succès est d'avoir des méthodes de travail et d'études efficaces ainsi qu'une bonne planification quotidienne. Des outils très simples peuvent vous aider, par exemple le calendrier familial ou l'agenda Outlook qui permettent de tenir compte des activités de l'ensemble de la famille. Vous pourriez également être surpris de constater le temps que vous perdez faire des choses qui ne sont pas prioritaires. Observez-vous, identifiez vos «grugeurs de temps» et établissez vos priorités. Se fixer des échéances réalistes et les respecter est aussi très important pour atteindre ses objectifs. 

De plus, un retour aux études peut entraîner des soucis financiers. Ne restez pas seul avec vos questions et consultez le bureau de l'aide financière pour connaître les mesures qui s'appliquent spécifiquement aux parents-étudiants.

Finalement, certaines ressources communautaires offrent des services intéressants tels de l'aide au budget, du répit parental et des groupes de discussion sur la vie de famille.

Bienvenue sur Facebook

Collaboration de Josiane Fournier, consultante en psychologie

Après quelques années de fréquentation du site Facebook, j'ai assisté à l'annonce de nouvelles parfois heureuses, parfois tristes, parfois ridicules, parfois surprenantes. Sur Facebook, on peut connaître tous les détails de la relation amoureuse d'un ami, on peut voir l'échographie de la blonde de notre voisin, on peut apprendre le décès d'une collègue, on peut voir les photos de mariage du cousin de notre colocataire, etc. En mars 2013, il y avait 1,11 milliard de membres actifs sur Facebook, 300 millions de photos téléchargées, 3,2 milliards de « J'aime » et de commentaires par jour.[iii] Ce « faux » sentiment de proximité avec autrui et l'impression d'instantanéité soulèvent des questions quant aux conséquences possibles de Facebook sur le développement des relations interpersonnelles. Plusieurs professionnels se sont penchés sur la question. Voici un compte rendu des dernières conclusions sur les effets pernicieux de l'utilisation de Facebook.

Un des thèmes les plus récurrents lorsqu'on parle des conséquences de Facebook demeure la jalousie. Plusieurs chercheurs sont d'avis que Facebook peut entraîner des sentiments jaloux et suspicieux au sein d'une relation amoureuse>[iii]. Les formats « fil de nouvelles », « statut », « J'aime » et les commentaires ne permettent pas de capter la réelle intention des gens ni leurs émotions. En conséquence, il n'est pas rare dans l'univers de Facebook d'être témoin d'erreurs d'interprétation, ce qui favorise l'émergence de conflits indirects. L'utilisation de Facebook expose les couples à des informations ambigües concernant leur partenaire auxquelles ils n'auraient pas eu normalement accès. Muise et al. (2009) ont trouvé que 80 % des participants de leur étude avaient comme ami Facebook un ancien partenaire sexuel ou amoureux. Contrairement à d'autres sites, par exemple Hotmail, où il est nécessaire d'avoir le mot de passe de son partenaire pour surveiller ses activités, Facebook permet de suivre les actions d'autrui et d'initier des enquêtes de manière très discrète : « Pourquoi cette fille a-t-elle identifié mon copain sur sa photo ? », « Pourquoi est-ce que ma blonde a cliqué « J'aime » sur le commentaire de ce gars-là » et « Qui sont les deux nouvelles amies de mon chum ? ». Muise et al. avancent que les femmes ne sont pas plus jalouses que les hommes, mais qu'elles fréquentent davantage Facebook que les hommes, ce qui peut amplifier leurs sentiments jaloux. Des études ont trouvé que les adeptes de Facebook peuvent se connecter jusqu'à 11 fois dans une journée, pour un total de 3 heures de navigation. Il est à noter que Facebook n'est pas le seul responsable de l'émergence de sentiments jaloux dans une relation amoureuse; d'autres facteurs, tels que la dynamique relationnelle et une tendance à l'insécurité, peuvent expliquer pourquoi certaines personnes utilisent Facebook comme un outil d'espionnage plutôt qu'un site de divertissement.

D'autres chercheurs se sont intéressés à l'impact du bouton « J'aime » sur les relations sociales[iii]. Il est pertinent de prendre conscience qu'il n'existe pas de bouton « Je n'aime pas », ce qui pousse les gens à publier des nouvelles positives afin d'obtenir une rétroaction de leur réseau. Dans leur étude, Monin et al. (2011) ont trouvé que la majorité des participants partageaient, sur Facebook, leurs émotions positives, mais qu'ils avaient tendance à considérer leurs émotions négatives comme étant privées. Conséquemment, les résultats démontrent que les participants sous-estiment la prévalence des émotions négatives chez autrui, ce qui induit un sentiment de solitude, des ruminations et un sentiment d'insatisfaction. En d'autres termes, le fait de voir que la plupart de nos amis voyagent, se marient, achètent des maisons, fondent des familles et obtiennent des promotions au travail amène une perception selon laquelle la majorité des gens sont heureux. On peut alors être facilement tenté de se comparer et de dévaloriser notre situation de vie. Cependant, on doit être conscient que la vie comporte nécessairement des hauts et des bas, mais que l'individualisme, la performance et la compétition sociale poussent les gens à ne dévoiler que le positif !

En conclusion, si vous sentez que Facebook vous permet d'échanger avec des amis, de voyager à travers les photos de vos proches, de planifier des activités de groupe et de garder contact avec des amis éloignés par la distance géographique, votre utilisation est sans doute positive et elle entraîne des effets tangibles dans votre vie.

Au contraire, si vous avez l'impression d'être constamment triste, en colère ou déçu suite à vos visites sur Facebook, il est possible que votre utilisation dépasse le but premier des réseaux sociaux, c'est-à-dire entretenir ses relations sociales. Posez-vous la question suivante : « Quelle est ma réelle intention lorsque je me connecte sur Facebook ? ». Selon la réponse, vous pourrez évaluer la pertinence et l'importance de Facebook dans votre vie.


[iii] Duffez, O. (2013). Chiffres clés sur Facebook. Repéré à http://www.webrankinfo.com/dossiers/facebook/chiffres-cles-facebook

[iii] Muise, A., Christofides, E., & Desmarais, S. (2009). More information than you ever wanted: Does Facebook bring out the green-eyed monster of jealousy? CyberPsychology and Behavior, 12(4), 441-444.

[iii] Jordan, A. H., Monin, B., Dweck, C. S., Lovett, B. J., John, O. P., & Gross, J. J. (2011). Misery has more company than people think: Underestimating the prevalence of others' negative emotions. Personality and Social Psychology Bulletin, 37(1), 120-135

Collaboration de Julie St-Arnaud, consultante au Service de psychologie des Services aux étudiants

 Il y a des jours où j’avais profondément besoin d’en entendre plus sur ceux qui avaient banni l’alcool de leur vie, et d’autres où j’avais besoin de m’entendre dire que j’étais raisonnable et que ma consommation ne concernait personne d’autre que moi et mon bon plaisir personnel.

Puis, un jour, une personne m’a demandé de lui décrire ce « bon plaisir ». J’ai répondu que je buvais pour me détendre, me sentir bien, décrocher, rire davantage, profiter de la vie, me tirer de la gêne et être sur le même « beat » que mes amis lors de nos soirées. C’est en m’écoutant lui répondre que j’ai saisi pour la première fois que mon « bon plaisir » serait tellement moins futile et beaucoup plus grand si j’arrivais à atteindre chacune de ces choses sans consommer d’alcool.

Me détendre sans alcool, me sentir bien sans alcool, décrocher sans alcool, rire davantage sans alcool, profiter de la vie sans alcool, me tirer de la gêne sans alcool et respecter le « beat » de mes amis lors de nos soirées, sans alcool.

Puis, j’ai commencé à penser à ce que ça me coûtait de boire de l’alcool : ma propre santé, celle de gens que j’aime, mon état végétatif à la suite de soirées arrosées, des discussions oubliées, des rendez-vous manqués, des gens que j’aime qui changent d’humeur, mes propres changements d’humeur et l’absence (la mienne et celle des autres). Je pensais aussi aux choses blessantes que je m’étais fait dire, aux choses blessantes que j’avais dites, à mon incapacité d’avoir autant de plaisir sans alcool, au tiers des accidents mortels de la circulation causés par l’alcool, aux tricheries, aux mariages brisés à cause de l’alcool, aux alcooliques qui souffrent, aux enfants qui subissent l’absence psychologique de leur parent à chaque fois, au million de gens qui perdent la vie chaque année à cause de l’alcool, aux partys de famille qui finissent mal à cause de la boisson, et plus encore.

Et j’ai arrêté de boire, pas pour moi, mais pour tous ces gens-là, beaucoup trop nombreux, qui souffrent peu ou énormément à cause de l’alcool.

Sachez que je ne juge en aucun cas les gens qui consomment de l’alcool, bien au contraire. Je les respecte profondément.

C’est juste un choix personnel que j’ai fait et j’en parle parce que je me le fais demander souvent, mais aussi parce que les gens qui boivent de l’alcool n’ont jamais à se justifier lors des soirées alors que nous, oui. Et je trouve ça moche.

C’est pas une guerre, t’sé! émoticône smile 

Bien des gens me disent que le fait de boire « ne change rien et n’a aucun impact » quand c’est fait avec modération. Ils ont bien raison, mais moi ce qui m’intéresse pour ma propre vie est le fait que de ne pas boire « change énormément de choses et a un impact important sur moi et mon entourage ».

J’suis pas plate, et je ne bois pas d’alcool

Extrait du blogue[1] de la chanteuse Marilou, 24 ans, en mai 2015 :

« Ma consommation d’alcool ne concernait personne d’autre que moi et mon bon plaisir personnel. Puis, un jour, une personne m’a demandé de lui décrire ce bon plaisir. J’ai répondu que je buvais pour me détendre, me sentir bien, décrocher, rire davantage, profiter de la vie, me tirer de la gêne et être sur le même beat que mes amis lors de nos soirées. C’est en m’écoutant lui répondre que j’ai saisi pour la première fois que mon bon plaisir serait tellement moins futile et beaucoup plus grand si j’arrivais à atteindre chacune de ces choses sans consommer d’alcool. Puis j’ai commencé à penser à ce que ça me coûtait de boire de l’alcool : ma propre santé, celle de gens que j’aime, mon état végétatif à la suite de soirées arrosées, des discussions oubliées, des rendez-vous manqués, des gens que j’aime qui changent d’humeur, mes propres changements d’humeur et l’absence (la mienne et celle des autres). Je pensais aussi aux choses blessantes que je m’étais fait dire, aux choses blessantes que j’avais dites, à mon incapacité d’avoir autant de plaisir sans alcool, aux accidents de la route parfois mortels… »

Ainsi, comme le démontre cet extrait, chacun de nous se retrouve face à un choix concernant l’alcool. Non seulement un choix, mais aussi une réflexion. L’alcool est une drogue légale, complètement banalisée et intégrée à notre société, souvent associée au plaisir et aux activités sociales comme les « partys ». Cependant, ce produit peut générer des problèmes résultant de la dépendance (grande consommation prise de façon chronique) et/ou de la consommation excessive (prise unique et démesurée). Voici certaines notions souvent mal connues concernant la consommation d’alcool :

  • Une seule ivresse aigüe peut causer la mort, soit à partir de 10 consommations pour les femmes et 17 consommations pour les hommes. Ce nombre varie naturellement selon la personne (taille, poids), le contexte (moment de la journée) et le type de produit (quantité, qualité, combinaison avec une autre substance).
  • Nous ne naissons pas égaux face à l’alcool et certains y sont plus sensibles que d’autres. Ainsi, des personnes non alcooliques peuvent subir une altération du fonctionnement d’un de leurs organes ou de leurs systèmes, même si elles boivent peu ou pas souvent.
  • L’alcool est un aliment et le foie est responsable de sa digestion. Le foie arrive à éliminer généralement 15 grammes d’alcool pur par heure (soit environ une bière ou un verre de vin).
  • Il n’existe AUCUN MOYEN de dégriser plus rapidement (exemples souvent cités : prendre un café, manger, danser, faire de l’exercice, prendre une douche froide).Le seul moyen de dégriser est le temps.

 

Face à l’alcool, il existe donc 3 choix : ne pas boire, boire de façon réfléchie ou faire des abus. Mais de nos jours, qu’est-ce qu’un abus? Surtout quand on se retrouve dans un contexte d’initiation ou de célébration! Un abus d’alcool signifie : croire pouvoir consommer beaucoup sans que cela paraisse; croire avoir une forte résistance; boire au point de perdre la maîtrise de soi; boire jusqu’à être saoul; et boire de plus en plus souvent, pour toutes sortes de raisons. De l’autre côté, boire de façon responsable signifie : boire lentement en prenant le plaisir de déguster; prendre de la nourriture en buvant pour ralentir les effets (et non pas pour diminuer le taux d’alcoolémie dans le sang); limiter nos consommations en les espaçant; ne jamais vider un verre d’un seul coup; boire de l’eau régulièrement pendant la soirée; consommer l’alcool de façon occasionnelle et pour de bonnes raisons (pas pour s’auto-traiter, réduire notre anxiété, trouver le sommeil, fuir nos problèmes, oublier une peine d’amour, etc.). Finalement, il y a des gens qui décident de ne pas boire du tout, comme Marilou, pour différentes raisons : parce qu’on peut avoir du plaisir sans alcool; parce qu’on n’aime pas le goût; parce qu’on veut se maîtriser en tout temps; parce qu’on ne veut pas prendre l’habitude de boire ou devenir dépendant. L’essentiel est de respecter le droit de chacun de choisir sa propre relation à l’alcool, et de préserver sa santé.

 

Référence :                                                                                                        

www.educalcool.qc.ca / www.msss.gouv.qc.ca

Ressource :                                                                        

http://www.domremymcq.ca/

 



[1] http://www.troisfoisparjour.com/fr/

  

Collaboration de Sophie Ménard, psychologue aux Services aux étudiants

 

L’écoute d’une personne en difficulté est une situation à laquelle il est parfois difficile d’être confronté. 

Marie semble traverser une période difficile depuis quelques temps. Elle participe moins aux sorties avec ses amis, manque parfois des cours et a l’air fatiguée. Elle se montre irritable, susceptible, renfermée sur elle-même. Vous aimeriez lui parler et savoir ce qui se passe, mais craigniez de voir l’ampleur de sa détresse et de ne pas savoir quoi faire pour l’aider.  

Pourquoi est-ce difficile d’écouter une personne en difficulté? Un sentiment de malaise peut survenir lorsque nous sommes confrontés à un sentiment d’impuissance : nous ne pourrons pas faire revenir son amoureux, régler ses problèmes financiers ou améliorer la relation avec sa mère. Chez certaines personnes, se retrouve aussi la crainte d’empirer l’état de la personne en lui faisant repenser à ce qui ne va pas bien. Cette crainte est alimentée entre autres par le fait que la personne se mette à pleurer en parlant de ce qui la fait souffrir. Il peut également être ardu de saisir l’ampleur de ce que la personne vit. Comment se fait-il qu’elle soit dans un tel état pour cela? La peur d’être connecté à sa propre détresse, par sympathie, peut également complexifier l’expérience d’écoute, par crainte d’être submergé d’émotions.

Pour écouter les autres avec attention, il faut être attentif à l’autre au moment présent. Cela signifie chasser les pensées qui pourraient venir vous distraire de votre tâche et vous concentrer uniquement sur la personne en face de vous. Prenez le temps d’explorer ce qu’elle vous dit, posez des questions, approfondissez. Dans un premier temps, vous n’avez pas à penser à ce que vous pourrez lui dire, car vous n’avez pas à lui proposer une solution toute faite ou autre formule magique. Attardez-vous à l’écouter, laissez-lui toute la place, simplement. Tolérez le sentiment d’impuissance par rapport à sa réalité. Si vous avez des soupçons d’idéations suicidaires, posez la question : Est-ce que tu penses au suicide? Clarifiez l’état de la personne : comment, où et quand envisage-t-elle le suicide?  

Écouter ne signifie pas :

§  Conseiller : « Je pense que tu pourrais…»

§  Surenchérir : « Mon cousin, c’est encore pire, il… »

§  Moraliser : « Si cela te permets de ne plus refaire cette erreur, tu auras appris… »

§  Consoler : « Ce n’est pas si grave, cela va s’arranger… »

§  Raconter : « Ça me fait penser à… »

§  Sympathiser : « Oh, pauvre toi! »

§  Clore la discussion rapidement : « Allez vient, on va se changer les idées! »

 

Pour une majorité de personne, l’expérience de l’écoute véritable est une expérience nouvelle et extrêmement bienfaisante. C’est un moment de prise de contact avec soi-même, avec le support d’une personne bienveillante. Ce moment peut permettre l’évacuation d’un trop-plein d’émotions, une prise de conscience sur soi-même ou sur la situation vécue et surtout le fait de réaliser que je ne suis pas seul(e) puisque quelqu’un prend la peine de m’écouter. 

Après cet épisode d’écoute attentive, la proposition de ressources peut s’avérer nécessaire, particulièrement si des idées suicidaires ont été mises en évidence. Le Centre de prévention du suicide propose une ligne sans frais, 24/7 : 1-866-APPELLE (277-3553). À l’UQTR, des sentinelles sont formées afin de diriger les personnes ayant des idéations suicidaires vers les ressources disponibles. Elles arborent visiblement l’inscription sur la porte de leur bureau. En cas d’urgence, l’hôpital est la meilleure ressource. La consultation psychologique est une autre ressource possible, pour une aide à plus long terme.

 

Références

Centre d’écoute et prévention du suicide Drummond. Pour soutenir un proche. http://www.cepsd.ca/soutenir.shtml

Centre de prévention du suicide les deux rives : http://www.prevention-suicide.qc.ca/index.php

Rosenberg, M. (2003). La communication non violente au quotidien. France : Éditions Jouvence.

 

 

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