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Service de psychologie

Problèmes de santé mentale

Le Service de psychologie publie régulièrement, dans le cyberjournal En tête, de courtes chroniques portant sur différents thèmes en psychologie. Vous trouverez dans cette section certaines de ces chroniques s'adressant à la communauté universitaire.  Vous pouvez aussi consulter d'autres chroniques publiées antérieurement en cliquant sur le lien suivant ;

http://www.uqtr.ca/resultats_recherche.shtml?q=avis+psychologique

Bonne lecture!

Chroniques - Problèmes de santé mentale

La détresse psychologique chez les étudiants universitaires

La détresse psychologique chez les étudiants universitaires

Collaboration : Sylvie Robidoux, psychologue aux Services aux étudiants

Le passage à l'âge adulte est une période psychologiquement stressante. C'est souvent à ce moment que les jeunes quittent la maison familiale pour entrer au collège ou à l'université, qu'ils doivent assumer de nombreuses responsabilités pour la première fois, tout en ayant à composer plus ou moins facilement avec les exigences nouvelles des études universitaires. On a identifié les sources de stress les plus importantes de la vie universitaire comme étant la pression liée à la réussite scolaire, les craintes reliées à l'insertion dans le monde du travail, le manque de temps et la dépendance financière.

Cette transition comporte donc son lot de stress. Toutefois, lorsque les réactions au stress sont trop intenses et prolongées, elles risquent d'affecter les capacités d'adaptation de la personne et d'avoir des répercussions sur son fonctionnement. Apparaît alors la détresse psychologique qui est une réalité bien présente chez les étudiants universitaires. En effet, les résultats d'une étude1 réalisée en 2004 auprès de 6200 étudiants canadiens de 1er cycle fait état d'une situation inquiétante : près de 30 % (29,2 %) des étudiants ont été considérés comme éprouvant un niveau élevé de détresse psychologique.

La détresse psychologique est un symptôme, un signal qu'il y a déséquilibre. C'est une difficulté d'adaptation situationnelle et non pas un trouble mental, bien que certains troubles (trouble anxieux, dépression, trouble bipolaire, trouble psychotique) puissent se développer à la même période. Les signes de la détresse psychologiques sont de quatre ordres : physique, cognitif, émotif et comportemental. Pour que la détresse soit significative, on doit pouvoir noter un changement dans les habitudes et le comportement. La présence d'un seul signe n'est pas alarmante, c'est la présence de plusieurs signes ainsi que la fréquence et l'intensité de ceux-ci qui peuvent indiquer une détresse sérieuse.

  • Signes physiques : fatigue ou nervosité, maux de tête ou de dos, tensions musculaires, sensations de lourdeur à la poitrine ou à l'estomac, insomnie.
  • Signes cognitifs : difficulté à prendre des décisions, difficulté de concentration et d'attention ou oublis fréquents, idées pessimistes, méfiance.
  • Signes émotifs : irritabilité, anxiété, sentiments dépressifs, colère, excitabilité, humeur changeante.
  • Signes comportementaux : sautes d'humeur ou impatience, isolement (retrait), crises de larmes, abus d'alcool, de drogues, surconsommation de médicaments, tentatives de suicide.2

Il est utile de rappeler qu'il existe des facteurs de protection contre le stress, dont l'un des plus puissants est le soutien social qui a un impact certain sur la santé et le bien-être. Il a pour effet de réduire directement ou indirectement les effets néfastes du stress et des situations de vie difficiles.

Une des meilleures stratégies pour prévenir la détresse psychologique est donc la mise en place d'un réseau social élargi qui procure la certitude que quelqu'un est là pour aider en cas de besoin (famille, amis, ressources professionnelles et communautaires). Ainsi, en cas de situation qui vous causerait une détresse importante, connaissez-vous une personne que vous pouvez appeler sans hésitation, 24 heures sur 24? Si non, il est serait très aidant pour vous d'identifier une ressource (personne de l'entourage ou une ligne d'écoute telle que le 811).

Une autre stratégie consiste à développer son sentiment d'appartenance à un groupe, en faisant par exemple une activité parascolaire, en se joignant à des gens partageant les mêmes intérêts.

Une dernière est de ne pas rester seul avec sa souffrance. Il faut en parler, partager ses états d'âme, recourir à de l'aide, comme consulter un professionnel du Service aux étudiants ou du réseau de la santé si c'est nécessaire

Finalement, nous avons tous une responsabilité devant la détresse éprouvée par nos proches. Collectivement d'abord, nous avons à chercher des solutions qui permettraient de diminuer la pression découlant de la compétition et de la performance dans le monde universitaire, et individuellement, nous avons à soutenir ceux de notre entourage qui vivent des situations difficiles.


Adlaf, E.M., Demers, A. & Gliksman, L. (Éds) (2004). Enquête sur les campus canadiens. Toronto.

http://www.opiq.qc.ca/pdf/Pandemic/Coffre/COG.fiche%2009

Quand le suicide frappe… qu'en est-il de ceux qui restent?

Quand le suicide frappe… qu'en est-il de ceux qui restent?

Collaboration de Sylvie Robidoux, psychologue aux Services aux étudiants

Voici l'histoire de Mathieu et de sa famille (noms fictifs)  qui a été touchée par le suicide de celui-ci il y a bientôt deux ans.

Mathieu était un enfant actif et joyeux, le « rayon de soleil de la famille », puis un adolescent plein de potentiel et de projets qui peu à peu est devenu taciturne, isolé, maussade. Ses parents attribuaient ce changement d'attitude au passage à l'adolescence, pensant que tout rentrerait dans l'ordre au cégep. À cette période, l'humeur de Mathieu était très changeante : parfois, il semblait bien aller, à d'autres moments, il redevenait silencieux, irritable, en retrait, jusqu'à ce qu'un jour, subitement, il mette fin à ses jours.

Ses parents, sous le choc, ne pouvaient croire à ce suicide et encore moins l'accepter. Dans un état d'irréalité, ils ont fait ce qu'il fallait pour la cérémonie d'adieux et les nombreuses démarches, assaillis par la culpabilité de n'avoir pas vu à quel point leur fils n'allait pas bien, de n'avoir pu empêcher ce drame, se reprochant de ne pas avoir été assez présents, assez à l'écoute, paralysés par la honte, craignant les jugements qu'on ne manquerait pas de porter sur la famille et leurs capacités de parents.

Louise, la mère de Mathieu n'a pas pu reprendre le travail, complètement effondrée, envahie par une peine immense, n'arrivant toujours pas à trouver des réponses aux nombreuses questions qui l'habitent. Depuis quelques mois, elle reçoit une aide professionnelle pour se sortir de la dépression. Quant à Claude, le père de Mathieu, ne sachant pas quoi faire de tout ce qu'il ressentait, n'osant pas en parler, s'est lancé dans le travail et le sport pour tenter d'oublier, de passer à autre chose. Le couple s'est séparé récemment, ils ne sont pas arrivés à s'appuyer mutuellement, trop pris par leur propre douleur. Ils en étaient même venus à se reprocher mutuellement la mort de leur fils.

Claudie, la sœur de Mathieu, s'est sentie toute aussi coupable, triste et impuissante face à ce qui était arrivé à son frère, mais elle n'osait pas en parler à ses parents pour ne pas ajouter à leur souffrance. Ses résultats scolaires ont chuté, elle mangeait peu et avait des difficultés de sommeil importantes. Ses parents, malgré leurs propres difficultés, ont pu déceler la souffrance de leur fille et l'ont encouragée à consulter. Elle chemine peu à peu vers un mieux-être.

Les proches ne réagissent pas tous de la même façon à la perte d'un être cher par suicide. Mais tous auront à faire un travail de deuil. Ce deuil, comme tous les deuils, se fait par un processus douloureux mais combien nécessaire pour retrouver goût à la vie. La souffrance des endeuillés par suicide est toutefois amplifiée par le caractère violent du geste posé, la culpabilité et la colère souvent inavouable, la honte, le sentiment d'abandon, l'incompréhension et la difficile acceptation qu'il n'y aura pas nécessairement de réponses aux questions soulevées par un tel geste.

Pour traverser cette épreuve, les endeuillés par suicide ont surtout besoin de temps, de pouvoir respecter leur propre rythme, mais également de soutien, d'écoute, de chaleur et de pouvoir exprimer toutes ces émotions intenses qui les submergent. Le soutien de l'entourage est nécessaire mais peut parfois être insuffisant. Il existe alors des ressources plus spécialisées qui peuvent prendre le relai.

L'Association des endeuillés par suicide de la Traverse au www.uqtr.ca/aestr ou à endeuille.suicide@hotmail.com.

Le Centre de prévention du suicide au 819-379-9238, au 1-866-277-3553 ou www.prevention-suicide.qc.ca.

Les intervenants des Centres de santé et de services sociaux : www.cssstr.qc.ca.

Les psychologues en pratique privée : www.ordrepsy.qc.ca.

Pour les étudiants qui ont été touchés par le suicide d'un proche ou pour ceux qui ont des idéations suicidaires : le Service de psychologie du Service aux étudiants de l'UQTR au 819-376-5011, poste 6056

Finalement, l'Association québécoise de prévention du suicide en collaboration avec les producteurs du téléroman Yamaska ont créé le site www.tesimportant.com qui offre des capsules vidéo sur différents thèmes touchant le suicide et une tribune à ceux qui veulent témoigner de leur expérience.

En guise de conclusion, voici une réflexion à garder à l'esprit : pour une personne en détresse, le suicide peut sembler la seule façon de mettre fin à une souffrance intolérable et de se sortir du désespoir, mais après coup, cette souffrance intolérable est inévitablement portée par ceux qui restent, les proches dévastés qui, longtemps, sont habités par cette douloureuse perte.

Au sujet du trouble des conduites alimentaires

Au sujet du trouble des conduites alimentaires

Collaboration de Marie-Julie Paré, consultante en psychologie

Dans une société qui véhicule un idéal de minceur quasi irréaliste et qui accorde une très grande importance au corps, de plus en plus d'hommes et de femmes rapportent être insatisfaits de leur apparence physique. Par le fait même, de plus en plus de troubles des conduites alimentaires sont répertoriés en Amérique du Nord. Dans la province, le taux des troubles de l'alimentation chez les femmes et les filles âgées de 13 à 30 ans est d'environ 3% (30 000 personnes). Si on ajoute les formes partielles de ces troubles, ce sont environ 9% des Québécoises qui en souffrent.  De 5 à 10% des cas d'anorexie mentale et de 10 à 15% des cas de boulimie seraient observés chez les hommes et les garçons.

Qu'est-ce que le troubles du comportement alimentaire?

Le trouble des conduites alimentaires se caractérise par des habitudes alimentaires anormales, une crainte intense de prendre du poids et une grande préoccupation par rapport à l'image corporelle. Il peut affecter autant les hommes que les femmes et peuvent avoir de sérieuses conséquences s'ils ne sont pas traités à temps. On répertorie présentement trois catégories de troubles des conduites alimentaires : l'anorexie mentale, la boulimie et l'hyperphagie boulimique. L'anorexie mentale se caractérise par une obsession de la minceur et par l'arrêt intentionnel de la prise d'aliments, menant à un poids inférieur au poids minimum normal pour l'âge et la taille. La boulimie se présente quant à elle sous la forme d'épisodes répétés d'ingestion de grandes quantités de nourriture suivis de différentes formes d'élimination : vomissements, exercice physique excessif, prise de purgatifs, etc. L'hyperphagie boulimique est un trouble plus méconnu mais assez courant. Elle se caractérise par l'ingestion fréquente de grandes quantités de nourriture en une courte période de temps. Les périodes de crise n'étant pas suivies de comportements compensatoires, elles s'accompagnent de culpabilité et de remords.

Le trouble des conduites alimentaires est un problème complexe qui se développe sur une longue période et qui résulte d'une combinaison de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. Il apparaît généralement au cours de l'adolescence ou au début de l'âge adulte et est plus commun dans les sociétés industrialisées. Les sentiments d'inefficacité, d'anxiété et d'isolement, tout comme les conflits dans les relations familiales et interpersonnelles peuvent contribuer au développement d'un trouble des conduites alimentaires. Les pressions sociales face à l'idéal de minceur peuvent aussi activer des vulnérabilités déjà existantes chez la personne.

En plus des conséquences physiques qui peuvent être très graves (troubles gastro-intestinaux, problèmes dentaires, perte musculaire, perte de cheveux, déséquilibre électrolytique), de nombreuses conséquences psychologiques peuvent découler d'un trouble des conduites alimentaires : anxiété, impulsivité, repli sur soi, perturbation du sommeil, pensées obsessionnelles, changements émotionnels, problèmes de concentration, préoccupations alimentaires, humeur dépressive, irritabilité et capacités intellectuelles détériorées.

Le traitement préconisé pour les troubles alimentaires repose sur la collaboration de différents professionnels : médecin, professionnels en santé mentale (psychologues, travailleurs sociaux) et nutritionniste.


Références :

http://www.anebquebec.com

http://cliniquebaca.com

DSM-IV-TR

http://www.jesigneenligne.com/fr/informations.php

http://www.cliniquestamour.com/PDF/anorexie-boulimie.pdf

Vivre un traumatisme

Vivre un traumatisme

Collaboration d'Alexandre Bouvette, consultant en psychologie

Subir un traumatisme constitue malheureusement une expérience fréquente. Il suffit d'observer l'actualité pour constater la quantité importante d'événements pouvant causer des dommages sur le plan de la santé mentale. Dans le monde scolaire, on peut aisément songer à la tragédie du Collège Dawson en 2006 et de l'École Polytechnique en 1989. Plus fréquemment, les accidents de la route, les agressions sexuelles ou la violence conjugale constituent une réalité de la clientèle étudiante.

Mais qu'est-ce qu'un traumatisme? Comment le reconnaître? Par définition, un traumatisme constitue une confrontation à un événement où un individu a pu être gravement blessé, menacé de mort ou bien durant lequel son intégrité physique ou celle d'autrui a pu être mise en danger. De plus, la réaction du sujet à l'événement peut se traduire par une peur intense, ainsi qu'un sentiment d'impuissance ou d'horreur. À la suite d'une telle expérience, un état de stress post-traumatique (ESPT) peut se développer. La personne éprouve alors une multitude de symptômes: souvenirs, rêves ou flash-back envahissants de l'événement, détresse lors de l'exposition à des indices ressemblant au trauma, évitement persistant de ces éléments et présence de difficultés de sommeil, de concentration, d'irritabilité, d'hypervigilance ou de réaction de sursaut exagérée (APA, 2003)[1].

Réagissons-nous tous de la même façon à un traumatisme? Allons-nous nécessairement développer un état de stress post-traumatique après l'exposition à un événement difficile? La réponse est non. Il est important de comprendre qu'un événement traumatique est vécu de façon subjective. Ce qui est traumatisant pour un individu ne l'est pas nécessairement pour un autre et les risques de développer un ESPT ne sont donc pas les mêmes pour tous. Il existerait des facteurs de risque pouvant influencer la réponse d'un individu à un événement traumatique. Tout d'abord, la présence de traumatismes antérieurs, le jeune âge, une difficulté générale à s'adapter et l'évolution dans un milieu défavorisé constitueraient des facteurs de risque initiaux. La probabilité de développer un ESPT se verrait aussi accentuée par la nature du trauma, sa sévérité et sa récurrence. De plus, la présence d'un épisode dissociatif au moment de l'événement et le risque élevé de mortalité exacerberaient la morbidité traumatique. Enfin, pour l'après-trauma, l'absence de soutien social, le traitement tardif et l'inaccessibilité aux services de santé peuvent maintenir ou aggraver l'ESPT (Melançon & Boyer, 1999)[1].

Que faire si on a été exposé à un événement traumatique? L'essentiel dans une telle situation revient d'abord à briser l'isolement. Les parents, les amis ou les collègues de travail peuvent constituer une porte d'entrée. Si la souffrance est présente et qu'elle devient récurrente, une consultation devrait être envisagée. Les médecins et les psychologues demeurent les professionnels les plus aptes à prodiguer le traitement approprié. Pour ce qui est de la psychothérapie, plusieurs options sont présentes, tant à court terme qu'à moyen ou long terme. Peu importe la méthode choisie, une seule constante demeure, soit être guidé par un professionnel qualifié.


[1] American Psychiatric Association (2003). Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (4e éd. révisée). Washington, D.C. : Auteur.

[1] Melançon, G. & Boyer, R. (1999). Comment prévenir l'apparition d'un trouble de stress post-traumatique avant un traumatisme? Revue Canadienne de Psychiatrie, (44), 253-258

L'anxiété sociale ou la peur des autres

L'anxiété sociale ou la peur des autres

Collaboration de Sylvie Robidoux, psychologue aux Services aux étudiants

Marie-Pierre a reçu une invitation pour participer au premier party de son programme et elle n’ose pas y aller car elle a peur de ne pas savoir quoi dire à ses nouveaux collègues et qu’on la trouve ennuyeuse.

Mathieu a une présentation orale à faire pour un cours. Il n’a pas dormi de la nuit, a la nausée et des tremblements à l’idée d’affronter tous les regards posés sur lui.

Olivier voudrait bien parler à sa collègue de classe qui l’attire vraiment beaucoup mais il n’ose pas par peur d’être rejeté.

Toutes ces situations ont en commun de susciter à des degrés divers de l’anxiété sociale. Mais qu'est-ce que l'anxiété sociale ?

L’anxiété sociale est principalement une difficulté à être avec l’autre, un malaise ressenti en face d’autrui. C’est un phénomène répandu qui comporte plusieurs formes, soit le trac, la timidité et la phobie sociale, qui varient en intensité et qui ont des répercussions plus ou moins importantes sur la vie des personnes concernées.

Le trac et de nombreuses appréhensions correspondent à une anxiété sociale intense mais passagère qui suscite un inconfort ponctuel, limité à certaines  situations et à certains moments, souvent  directement associés à une performance à exécuter devant public. L’anxiété n'altère pas de façon importante la qualité de vie de l'individu.

La timidité correspond à une manière d’être (trait de personnalité), à une tendance à rester en retrait et à éviter de prendre l’initiative dans différentes situations sociales. L’anxiété est plus importante que pour la moyenne des gens et apparaît uniquement dans certaines situations sociales, par exemple parler avec de nouvelles connaissances. Ce comportement d’inhibition sociale s’exprime surtout avec des inconnus. Une personne timide va parler avec plus d’aisance à un interlocuteur rassurant ou familier et arrivera à s’adapter aux situations anxiogènes. Bien que les gens timides en souffrent, la timidité comporte tout de même ses avantages. Les qualités associées à la timidité sont nombreuses : bonne capacité d’écoute et d’empathie, bon sens de l’observation, discrétion, dévouement aux autres, bon esprit d’analyse, etc.

À un niveau extrême d’anxiété sociale, on parle de phobie sociale. La phobie sociale consiste en une peur ou une anxiété marquée ou intense de diverses situations sociales ou de situations dans lesquelles la personne est susceptible d'être observée et jugée négativement par autrui. La personne qui souffre de phobie sociale craint d'agir de façon humiliante ou embarrassante, par exemple en rougissant, en tremblant, en transpirant de façon excessive, en bafouillant ou en figeant. La personne phobique va développer de nombreuses stratégies pour éviter les situations sociales qui l’inquiètent. Cette tendance à l’évitement interfère avec la vie professionnelle ou avec les relations sociales habituelles.

Faire face à ses peurs

C’est une tendance naturelle chez l’humain de vouloir fuir ou éviter quelque chose qui nous effraie. Toutefois, la peur ne permet pas d’éviter le danger. Au contraire, l’évitement renforce la peur. Paradoxalement, plus nous évitons une situation, plus cette situation nous paraît insurmontable. Chez les personnes anxieuses socialement, l’évitement peut devenir un fonctionnement de tous les jours, un mode de vie qui s’organise autour des peurs.

Heureusement, il est possible de passer de l’évitement à la confrontation des peurs par l’exposition. L’exposition est le fait de se confronter en douceur (progressivement et graduellement) aux situations redoutées, tout en restant parfaitement conscient de la situation, c’est-à-dire sans vous forcer à penser à autre chose et sans chercher à rendre la situation moins anxiogène (se cacher derrière des lunettes de soleil ou un portable, prendre de l’alcool ou des médicaments, etc.). Il est bien important de respecter vos limites : ne vous obligez surtout pas à rester dans la situation si cela devient trop insupportable.

Apprendre à s’affirmer

La personne qui a peur des autres peut douter de ses compétences sociales. En évitant les interactions sociales, la personne phobique a moins souvent l'occasion de développer des habiletés sociales de base telles que regarder son interlocuteur, sourire et parler de façon audible. En développant des compétences sociales, l'individu améliore son sentiment de contrôle et même la maîtrise réelle d’une situation et, par conséquent, arrive à diminuer son anxiété.

Une des conséquences de la timidité est la difficulté à s’affirmer face aux autres : peur de demander, de dire non, d’émettre ou de recevoir une critique, etc., le plus souvent par peur de la réaction de l’autre, plus précisément par crainte d’être rejeté ou agressé par l’autre. Bonne nouvelle : s’affirmer est quelque chose qui s’apprend. Pour bien s’affirmer, il est indispensable de bien communiquer, c’est-à-dire de développer la capacité d’exprimer clairement à l’autre ses besoins, ses désirs, ses valeurs, sans trop d’anxiété, et en respectant l’autre dans ce qu’il est et ce qu’il souhaite.

Penser autrement

Enfin, il n’est pas possible de surmonter sa peur des autres sans modifier sa façon de penser et surtout la tendance à considérer que les autres ont un jugement négatif et qu’on est soi-même sans intérêt. Il est d'abord nécessaire d’identifier ses perceptions erronées, puis apprendre à les modifier en étant plus réaliste et en nuançant. Il est donc important de se pencher sur ses perceptions et ses propres croyances et de tenter de les remettre en question.

Finalement, consulter un professionnel peut permettre à une personne aux prises avec de l’anxiété sociale invalidante de trouver un appui pour expérimenter de nouvelles façons de faire et d’être avec les autres. Le Service de psychologie des Services aux étudiants peut vous aider dans cette démarche. Pour prendre rendez-vous, vous pouvez vous adresser au secrétariat au 819-376-5011, poste 6056, ou vous présenter au local 1261 du Pavillon Albert-Tessier.

Références

André, C. et Légeron, P. (1995). La peur des autres : trac, timidité et phobie sociale. Paris, O. Jacob. 272 p.

André, C. (2011). Secrets de psy : ce qu’il faut savoir pour aller bien. Paris, O. Jacob. 354 pages 

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