Les Olympiques spéciaux. Entrevue avec Daniel Granger, président du mouvement Olympique spéciaux Québec (OSQ) Vol.2 #2

Par Joanie Cyrenne-Tourigny

Daniel Granger


Les travaux du professeur Frank Hayden, de l'Université de Toronto et la contribution financière de l'américaine Eunice Kennedy Shriver (soeur de John Kennedy) ont mené, en 1968, à la création des Olympiques spéciaux (Special Olympics). Ils sont donc considérés comme cofondateurs de ce mouvement. La première édition des Jeux olympiques spéciaux s'est tenue à Chicago à cette même année avec environ 1000 athlètes provenant de 26 états américains et du Canada. Le mouvement compte aujourd'hui 3,5 millions d'athlètes et est présent dans plus de 170 pays. 

Au Canada, on compte 35 000 athlètes, et au Québec, 4 100 répartis dans plus de 360 clubs sportifs situés dans toutes les régions du Québec. Plus de 1 500 entraîneurs et autres bénévoles organisent des programmes d'entraînement réguliers et présentent plus de 80 compétitions locales, régionales ou provinciales à chaque année. 

Le mouvement a été officiellement lancé au Québec en janvier 1981 par une équipe de pionniers dirigée par Mme Noëlla Douglas. 

Le mouvement Olympiques spéciaux Québec (OSQ) s'adresse aux personnes présentant une déficience intellectuelle ou un trouble envahissant du développement. OSQ recrute des athlètes de tous âges et a lancé en 2010 un programme spécialement conçu pour les enfants de 4 à 14 ans dans les écoles primaires du Québec. 

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Les programmes d'entraînement et de pratique du sport procurent de grands bénéfices aux athlètes tant sur le plan physique que sur le plan psychologique tout en augmentant leur estime de soi et leur capacité  d'inclusion sociale. Ils procurent aussi de grands bienfaits aux parents et aux proches des athlètes, notamment en réduisant le stress parental et en améliorant les relations avec les frères et soeurs. 

Les athlètes peuvent choisir le ou les sports qu'ils veulent pratiquer parmi les quatorze sports réguliers et les trois sports en développement que sont le basketball, le golf et le boccia (pétanque italienne). 

Les sports d'été sont l'athlétisme, la dynamophilie (powerlifting), la balle molle, la gymnastique rythmique, la natation, les quilles et le soccer. 

Les sports d'hiver sont le curling, le hockey intérieur, la raquette, le patinage artistique, le patinage de vitesse, le ski alpin et le ski de fond. 

Noëlla Douglas Pionnière du mouvement Olympiques spéciaux Québec Depuis quatre décennies, Mme Douglas contribue bénévolement au développement et à l'intégration des personnes vivant avec une déficience intellectuelle. Elle fut d'abord fondatrice des Olympiques spéciaux Québec en 1978, présidente du mouvement jusqu'en 1984 et membre du Conseil d'administration jusqu'à tout récemment. 

Les programmes d'entraînement et de pratique du sport procurent de grands bénéfices aux athlètes tant sur le plan physique que sur le plan psychologique tout en augmentant leur estime de soi et leur capacité  d'inclusion sociale. Ils procurent aussi de grands bienfaits aux parents et aux proches des athlètes, notamment en réduisant le stress parental et en améliorant les relations avec les frères et soeurs. 

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Tous les entraîneurs reçoivent une formation spécialisée pour être en mesure d'adapter leurs programmes d'entraînement aux besoins de chaque enfant ou adulte participant. La fréquence des entraînements varie de une à six séances par semaine selon les disciplines. 

Au chapitre des coûts, il n'y a pas de frais d'inscription annuels à payer pour les athlètes, et les frais pour participer à diverses compétitions sont très modestes, parce que le mouvement Olympiques spéciaux Québec obtient la quasi-totalité de son financement des entreprises, des dons des particuliers et des activités de la Course au flambeau des agents de la paix. 

Jeux paralympiques, olympiques spéciaux?

Les jeux paralympiques s'adressent aux personnes qui présentent une déficience physique, tandis que les olympiques spéciaux s'adressent aux personnes qui présentent une déficience intellectuelle. Il s'agit de deux unités distinctes qui sont régies par deux organisations différentes.

Grâce à leur participation à des compétitions locales, régionales, provinciales, nationales et même internationales, les athlètes développent leur autonomie et vivent des expériences inoubliables. L'objectif d'OSQ n'est pas de développer des athlètes d'élite, mais de permettre à chaque enfant ou adulte de se développer individuellement et d'atteindre son plein potentiel. Les compétitions sont organisées en fonction de regroupements particuliers afin de permettre aux athlètes de rivaliser avec des personnes de leur calibre. 

Pour connaître les responsables d'OSQ dans une région, il suffit de visiter le site du mouvement, à l'adresse suivante www.olympiquesspeciaux.qc.ca, ou de téléphoner au 514 843-8778 pour parler à un conseiller en sport. Ce dernier vous renseignera sur les prochaines compétitions dans votre région et vous pourrez aller voir les athlètes en action avant de décider de vous inscrire. 

« L'objectif que nous visons n'est pas d'abord la compétition entre les athlètes, mais plutôt d'accroître l'activité physique chez les personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble envahissant du développement », souligne Daniel Granger. 

« L'objectif que nous visons n'est pas d'abord la compétition entre les athlètes, mais plutôt d'accroître l'activité physique chez les personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble envahissant du développement », souligne Daniel Granger qui cumule quatorze ans au sein du mouvement, dont cinq à la direction. « Pour ceux et celles qui désirent et sont en mesure de participer à des compétitions, notre objectif est de leur offrir la possibilité de participer au maximum de compétitions à chaque année » précise-t-il. 

Bien que tous constatent les bienfaits des programmes sportifs sur la vie de ces personnes et de leur entourage, les recherches dans ce domaine sont à poursuivre. « Il faut souligner l'excellent travail du professeur Jonathan Weiss, de l'Université York à Toronto, qui apporte des réponses très intéressantes par ses travaux dans le domaine de la psychologie et qui suscite beaucoup d'intérêt chez ses collègues chercheurs pour la poursuite de la recherche sur nos programmes et activités afin d'améliorer la qualité des interventions », a conclu Daniel Granger. 

Pour plus d'informations : www.olympiquesspeciaux.qc.ca 

À suivre dans le prochain numéro : ce que les recherches nous apprennent sur les olympiques spéciaux avec Jonathan Weiss. 

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