La cervicalgie, plus communément appelée « douleur au cou », est la présence de douleur dans la région postérieure du rachis cervical. Cette région comprend le cou et le haut des épaules.1 La douleur peut également se manifester dans différentes parties du membre supérieur (bras, avant-bras, main). Les douleurs cervicales peuvent être de courte durée ou persister pendant quelques jours à plusieurs semaines, et même plusieurs mois.2 Une personne souffre de cervicalgie aigüe lorsque la douleur cervicale est présente depuis moins de 3 mois, alors qu’une cervicalgie chronique fait référence à une douleur cervicale présente depuis plus de 3 mois.
Tout comme d’autres affections musculosquelettiques, la cervicalgie est souvent un motif de consultation médicale. Les douleurs au cou peuvent être expliquées par différentes causes, et la plupart d’entre elles sont difficiles à identifier. Comme la lombalgie, les douleurs au cou représentent un fardeau financier dans plusieurs pays. Elles peuvent également être une cause d’incapacité au travail et dans la vie de tous les jour.3
Il est recommandé de consulter un professionnel de la santé pour des douleurs au cou d’apparition récente, récurrentes ou qui persistent dans le temps. Un professionnel de la santé saura identifier le type de cervicalgie dont il s’agit et vous proposera les ressources de santé appropriées.
Étymologie 4
cervix (cou)
-algie (douleur)
Aussi appelé en langague courant : douleur au cou, mal de cou, torticolis
En 2020, les douleurs au cou affectaient plus de 203 millions de personnes à travers le monde. On estime qu’en 2050, 269 millions de personnes seront atteintes de douleur cervicale.5 L’évolution des douleurs cervicales est généralement favorable, bien que 23 % des personnes atteintes qui se rétablissent d’un épisode de cervicalgie connaitront un nouvel épisode au cours de la même année.6
Lorsque la cervicalgie est attribuable à une cause identifiable, il s’agit d’une cervicalgie de type spécifique. La cervicalgie de type spécifique est plus rare, mais elle nécessite un suivi médical pour en traiter la cause. Les douleurs cervicales spécifiques sont associées à des causes plus préoccupantes ne provenant pas nécessairement du système musculosquelettique, telles que des maladies inflammatoires (exemple : méningite), infectieuses ou bien une tumeur ou une problématique qui implique un ou plusieurs autres systèmes du corps. La présence d’une fracture vertébrale est aussi une cause de cervicalgie spécifique.7
La douleur radiculaire et la radiculopathie sont présentes lorsqu’il y a inflammation ou compression d’une ou plusieurs racines nerveuses. La personne atteinte peut ressentir des picotements, des fourmillements, un engourdissement dans le ou les membres supérieurs.2 Une perte de réflexe et une faiblesse des muscles innervés par la racine atteinte peuvent également se manifester.89
Le diagnostic de cervicalgie non spécifique se caractérise par une douleur au cou dont l’origine ne peut être attribuée à une cause identifiable. Environ 90 % des douleurs cervicales sont reconnues comme des cervicalgies communes. Comme le diagnostic est plus complexe et relève de plusieurs facteurs physiques, psychologiques, sociaux et environnementaux, le terme « non spécifique » est utilisé pour caractériser ce type de cervicalgie. Une entorse cervicale, des spasmes musculaires (torticolis), un coup de lapin (whiplash) et des changements dégénératifs de la colonne cervicale (arthrose) sont des exemples appartenant à cette catégorie.1
Les facteurs de risques sont des caractéristiques, des conditions ou des comportements qui augmentent les probabilités qu’une personne développe une cervicalgie. Plusieurs études ont permis d’identifier ces critères. Parmi ceux-ci, il a été observé que le sexe, certains facteurs génétiques, les habitudes de vie et le statut psychologique peuvent influencer le risque de développer une cervicalgie.10
Il a été montré que les femmes sont plus à risque de développer des cervicalgies comparativement aux hommes. Pour plusieurs troubles musculosquelettiques, l’avancement en âge est reconnu comme un facteur de risque, mais les enfants et les adolescents peuvent également développer des douleurs cervicales.10 Les facteurs génétiques peuvent aussi contribuer à certains types de cervicalgie, comme la dystonie cervicale, aussi appelée le torticolis spasmodique.11 La consommation de tabac, la sédentarité, le surpoids et l’obésité sont également des facteurs qui augmentent la probabilité de développer une cervicalgie.1012
Chaque personne peut présenter des symptômes et des incapacités différentes associées à la cervicalgie.
Voici une liste des symptômes possibles de la cervicalgie :7
Outre ces symptômes, si vous présentez des symptômes de dysfonctionnement du système nerveux ou vestibulaire, il est important de consulter rapidement votre professionnel de la santé.12
Lors de son évaluation clinique, le professionnel de la santé précisera la nature des symptômes et des incapacités, en plus d’identifier les comorbidités associées. Cette évaluation est composée d’une anamnèse approfondie, d’un examen physique et de tests complémentaires, si nécessaires.
Le professionnel de la santé vous posera plusieurs questions afin de mieux comprendre votre problème et votre condition de santé générale. Le contenu et le temps de l’anamnèse peuvent varier d’un professionnel de la santé à un autre.
Des tests physiques peuvent être effectués pour identifier les structures anatomiques qui sont impliquées dans la douleur. Certains tests peuvent également être effectués dans le but d’éliminer la présence de conditions plus alarmantes.
Selon le contexte et le professionnel consulté, d’autres tests peuvent être effectués ou prescrits, tels que des imageries plus avancées ou des analyses sanguines si le professionnel suspecte une condition sous-jacente.13
Des études révèlent qu’environ un tiers de la population présentera une douleur au cou sur une période de 1 an.14 Cependant, l’évolution de la douleur cervicale varie d’une personne à l’autre, suivant différentes trajectoires. Il est possible que la douleur fluctue en augmentant ou en diminuant, ou qu’elle demeure constante sans amélioration apparente.15 Il faut se rappeler que divers facteurs comme l’âge, le sexe, certains facteurs psychologiques, l’intensité initiale de la douleur et les circonstances de survenue de cette douleur (soudainement ou graduellement) peuvent avoir un impact sur l’évolution de celle-ci au cours d’une année.16
Une étude menée auprès de 617 personnes atteintes de douleurs au cou a montré qu’au cours d’une période d’un an, près de la majorité des participants (42,0 %) présentant une douleur d’intensité modérée au début de l’étude ont connu une amélioration légère de leurs symptômes, pour qu’ensuite la douleur se stabilise à une intensité faible (Trajectoire 2). Parmi cette cohorte, 22,0 % des participants ont présenté des niveaux constants de douleurs au cou d’intensité élevée, avec peu de variations, sur une période d’un an (Trajectoire 5).
Le traitement de la cervicalgie varie en fonction de la nature de la douleur, qu’elle soit aiguë ou chronique, ainsi que la présence de signes ou symptômes neurologiques qui nécessitent une approche différenciée pour chaque cas. De plus, chaque traitement peut engendrer des effets différents d’une personne à l’autre. Il est donc possible d’adapter le traitement au fil du temps pour avoir une approche qui répond aux besoins de chaque personne.89
Le traitement des douleurs cervicales est d’abord basé sur le partage de stratégies éducatives qui permettront à la personne atteinte de mieux comprendre la nature et l’évolution de sa condition, ainsi que les moyens efficaces pour gérer la douleur au quotidien. Votre professionnel de la santé pourra également vous accompagner dans la reprise de vos activités quotidiennes et sportives, ainsi que pour votre retour au travail. Les traitements conservateurs tels que la thérapie manuelle, la prescription d’exercices, le changement des habitudes de vie et la psychothérapie sont communément utilisés pour le traitement des douleurs cervicales. La prise de médication peut être conseillée en complément à ces interventions8917. Il est important de consulter un professionnel de la santé pour entreprendre le traitement le plus approprié.
Il est important de consulter pour des douleurs cervicales récentes, récurrentes ou qui persistent. Un rachis cervical en bonne santé est important pour la bonne mécanique de votre cou et votre tête. Un professionnel de la santé pourra vous aider à établir un plan individualisé pour soulager les symptômes de la cervicalgie.
De plus, si vous présentez des symptômes inhabituels comme des dysfonctionnements du système nerveux ou autres, il est important de consulter un professionnel de la santé pour une prise en charge rapide. Ces symptômes peuvent cacher des pathologies plus sérieuses que des maladies musculosquelettiques conventionnelles.2