Recherche en Sciences Thanatologiques
[Expérimentales et Sociales]

Foire aux questions

Foire aux questions

REST[ES] permet aux scientifiques de mener des travaux de recherche sur la décomposition des corps humains en conditions naturelles. Ils pourront ainsi en apprendre davantage sur la façon dont les conditions environnementales et climatiques canadiennes influencent la dégradation des corps. Les résultats de ces recherches seront d’une grande utilité pour les forces policières, notamment dans les cas d’homicides et de personnes disparues.

Les chercheurs utilisent principalement des corps humains, mais aussi des carcasses de porc au besoin.

De nombreuses études1,2 comparants les taux de décomposition humaine et animale (principalement des carcasses de porc) ont révélé que les animaux et les humains se décomposent à des vitesses différentes, notamment en raison d’une différence de composition corporelle et dans leur microbiome (microorganismes qui vivent dans et sur notre corps). L’utilisation de carcasses de porc peut toutefois aider à la mise en place des protocoles expérimentaux, et pour effectuer des études préliminaires sur la propagation des odeurs cadavériques ou sur l’influence du contexte géographique sur la présence et l’activité des animaux et insectes locaux. Les carcasses de porc peuvent aussi être utilisées en parallèle pour des études qui ne peuvent être menées sur les corps humains, comme celles portant sur l’action des animaux charognards.

1 Connor M, Baigent C, Hansen ES. 2018. Testing the Use of Pigs as Human Proxies in Decomposition Studies. J Forensic Sci. 63(5):1350-1355. doi: 10.1111/1556- 4029.13727

2 Knobel Z, Ueland M, Nizio KD, Patel D, Forbes SL. 2019. A comparison of human and pig decomposition rates and odour profiles in an Australian environment. Aust J Forensic Sci. 51(5):557-572. doi: 10.1080/00450618.2018.1439100

Le site REST[ES] occupe un espace d’environ 1600 m2.

Les corps proviennent tous du programme de don de corps de l’UQTR. Pour que leur corps soient placés à l’intérieur de REST[ES], les donneurs et leur famille ont donné leur accord spécifique pour ce genre de projet. Le don de corps spécifiquement dédié à REST[ES] est ouvert aux donneurs des régions environnantes, toutes communautés confondues, ce qui permet d’enrichir la diversité des projets.

Le site actuel offre une base solide pour le fonctionnement de REST[ES] et constitue un terrain idéal pour tester de nouveaux appareils et approches. Bien que sa taille et son biotope soient restreints, cela ouvre la porte à des perspectives stimulantes : l’aménagement de nouvelles zones sur le site ou la création d’installations sœurs dans d’autres régions du Québec. Ces développements permettraient de diversifier les environnements étudiés et d’accroître les possibilités de recherche en parallèle.

Une zone de végétation, ainsi qu’une clôture comportant une toile occultant la vue, protègent REST[ES] des regards des passants. De plus, une signalisation identifiant clairement la nature sensible du site interdit l’accès au site à toute personne non autorisée. Ces dispositifs empêchent des curieux qui circulent autour du site de voir les activités exercées au sein de REST[ES] et des restes se trouvant à l’intérieur. Seuls les chercheurs et chercheuses accrédités peuvent accéder au site.

REST[ES] est situé dans une zone isolée, ce qui réduit fortement tout risque d’inconvénient olfactif. Les analyses par des experts permettent de confirmer que toute odeur générée reste en deçà des seuils réglementaires et n’est pas détectable à la limite du site.

Les sites déjà en place, situés dans des zones plus tempérées ou chaudes (donc ayant de plus grandes activités entomologiques), soutiennent que toute augmentation de l’activité des insectes, telle que le nombre de mouches, sera indétectable à quelques mètres de REST[ES].

Des processus ont été mis en place pour s’assurer qu’il n’y a pas de contamination. La décomposition des restes est un processus naturel. Les animaux sauvages meurent dans la nature et leurs restes se décomposent sans polluer ou représenter un danger pour la population. Par ailleurs, du fait que les corps donnés font l’objet d’un dépistage des maladies infectieuses, les sous-produits biologiques et chimiques de la décomposition ne sont pas dangereux pour la santé humaine. Leur impact biochimique est en dessous des niveaux générés par l’activité agricole et concerne les quelques premiers centimètres autour du corps. Cela a été démontré dans les sites du même type qui existent aux États-Unis et en Australie.

Il n’y a aucun risque que des maladies infectieuses soient libérées dans l’environnement. Les corps donnés font l’objet d’un dépistage des maladies infectieuses conformément à la Loi et ne peuvent être utilisés si certaines sont détectées.

REST[ES] est soutenu par des budgets de recherche provenant de fonds provinciaux et fédéraux. Ces financements incluent notamment des subventions des Fonds de recherche du Québec, ainsi que des subventions d’infrastructures de recherche fédérales et provinciales accordées à l’UQTR pour appuyer les projets du site. Les subventions sont octroyées à la suite d’une évaluation scientifique rigoureuse, garantissant la qualité et la pertinence des projets. REST[ES] continue de développer de nouvelles collaborations et de solliciter des financements pour soutenir ses recherches et ses installations à long terme.

Pour connaître la marche à suivre, consultez la page « Don de corps » ou le site web du laboratoire d’anatomie de l’UQTR.

Veuillez noter que, par défaut, seuls les dons provenant de personnes résidant au Québec au moment de leur décès peuvent être acceptés. Dans certains cas particuliers, des exceptions peuvent être envisagées si les procédures nécessaires peuvent être mises en place au moment du décès.

Don de corps (nouvelle fenêtre)

Non. Le périmètre de la zone de recherche est clôturé pour limiter l'entrée des animaux. De plus, à l’intérieur de la zone clôturée, les corps humains sont recouverts de cages constituées de grillages soudés pour les protéger des charognards et gros animaux, comme des oiseaux.

La plupart des gens ne sont pas conscients de l’activité sur le site et, par conséquent, il est peu probable que le site REST[ES] attire des activités criminelles. Plusieurs mesures de sécurité ont été mises en place, notamment une signalisation, des clôtures et des caméras de vidéosurveillance, pour dissuader les intrus d’accéder au site.

REST[ES] est un centre de recherche et de formation et non un cimetière. Contrairement à un cimetière, les restes ne sont pas enterrés pendant une période indéfinie. Dans certains projets, les corps peuvent être enterrée sur le site à des fins de recherche ou de formation, et ce, pour une durée déterminée. En tout temps, un nombre restreint de corps sera sur le site, et seulement temporairement.

Une fois la durée prévue du don de corps écoulée, tous les restes de chaque donneur sont transférés individuellement au Laboratoire d’anatomie de l’UQTR. Ils y sont préparés selon les protocoles mis en place, puis soit incinérés et remis aux familles, soit, dans certains cas, conservés dans la collection ostéologique à des fins d’enseignement et de recherche.

Non, c’est la première installation de ce genre au Canada.

Malheureusement, la recherche internationale ne peut pas être extrapolée à des environnements spécifiques rencontrés au Canada et au Québec. Ceci est dû aux variations géographiques du climat, de la géologie et de l’écologie, et à l’impact inhérent de ces facteurs sur le processus de décomposition. Par conséquent, les chercheurs ont identifié le besoin d’une installation de recherche thanatologique locale pour aider la police et les enquêtes médicolégales. Les expérimentations menées à REST[ES] devront être validées et répétées dans des écosystèmes différents à travers le Québec et Canada.

Les projets de recherche auront des durées différentes. La plupart des projets dureront plusieurs mois alors que d’autres dureront plusieurs années. À la fin des projets, les restes incinérés seront rendus aux familles. Il n’est pas prévu de créer des fossiles.

Non. Nous ne donnerons aucune visite de l’installation afin de protéger la dignité de nos donneurs. REST[ES] sera accessible seulement aux personnes autorisées.