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Éthique et recherche à domicile : Le projet « Le chercheur comme invité » remporte le premier Soutien Michèle-Stanton-Jean(Nouvelle fenêtre)

Le Fonds de recherche du Québec (FRQ) a dévoilé, le 15 janvier dernier, les récipiendaires de la toute première édition du Soutien Michèle-Stanton-Jean, une distinction visant à promouvoir l'excellence en matière de conduite responsable en recherche (CRR). Parmi les initiatives sélectionnées figure le projet de Karine Dubois-Comptois « Le chercheur comme invité », qui vise à combler un vide important dans l'encadrement éthique de la collecte de données au domicile des familles.

Nommé en l'honneur de la réputée bioéthicienne et historienne Michèle Stanton-Jean, ce nouveau programme de subvention a pour mission de soutenir des projets originaux qui favorisent la conduite responsable en recherche.

Le projet se distingue par son approche pragmatique face à une réalité de plus en plus fréquente : la recherche menée directement au domicile des participants. Souvent démunis face aux imprévus de ce terrain intime, les étudiants et les équipes de recherche manquent de balises claires.

Grâce à ce financement (2500 $), l'équipe développera un guide de référence complet et des outils concrets (vignettes cliniques, arbres décisionnels) pour outiller la relève. L'objectif est double : assurer la sécurité et le professionnalisme des chercheurs, tout en respectant l'intégrité de l'espace privé des participants.

Les travaux, qui s'amorcent dès maintenant, mèneront à la publication d'un guide de meilleures pratiques prévu pour l'automne, ainsi qu'à une série d'activités de diffusion pour sensibiliser la communauté universitaire aux défis uniques du « chercheur invité ».

Le travail de proximité auprès de familles isolées : une stratégie essentielle pour soutenir les jeunes enfants(Nouvelle fenêtre)

Le 15 décembre 2026, un rapport présentant les résultats de l’évaluation du projet pilote 2022–2025 sur le travail de proximité auprès de familles isolées ayant de jeunes enfants a été publié. Ce rapport s’inscrit dans le cadre du Grand chantier pour les familles, une initiative gouvernementale mise en place par le ministère de la Famille afin d’expérimenter et de documenter une stratégie innovante de prévention, centrée sur l’« aller vers » les familles peu ou pas rejointes par les services existants.

Sous la responsabilité de Carl Lacharité, chercheur régulier du GRIN et de Dominique Mailloux, professeure de l’UQTR, en collaboration avec une équipe interuniversitaire et des partenaires des milieux communautaires et institutionnels, le rapport a été produit à l’issue de la phase d’expérimentation du projet pilote. Il vise à évaluer la pertinence, les retombées et les conditions de déploiement du travail de proximité à l’échelle du Québec.

Les éléments centraux du rapport

Le rapport met en évidence que le travail de proximité constitue un levier particulièrement efficace pour rejoindre des familles isolées, souvent confrontées à des vulnérabilités multiples telles que l’isolement social, la précarité économique, des enjeux psychosociaux ou des obstacles liés à l’accès aux services. En misant sur une présence active dans les milieux de vie et sur une posture relationnelle fondée sur la confiance, les personnes travailleuses de proximité (PTP) parviennent à établir des liens durables avec des familles que les dispositifs traditionnels atteignent difficilement.

L’évaluation montre que cette approche permet de réduire le non-recours aux services et de mieux comprendre les besoins réels et évolutifs des familles. Les besoins identifiés concernent d’abord des dimensions fondamentales (logement, alimentation, transport, sécurité) puis, une fois ces enjeux stabilisés, des aspects liés à la parentalité, au développement des jeunes enfants et aux relations parent–enfant. Cette lecture progressive des besoins constitue un apport majeur du projet pilote pour l’adaptation des interventions.

Le rapport souligne également que le travail de proximité agit comme un catalyseur de transformation des pratiques communautaires et intersectorielles. Le rôle de médiation exercé par les PTP favorise le décloisonnement des services, renforce la concertation locale et améliore l’adéquation entre l’offre de services et les réalités vécues par les familles. Ces effets dépassent les familles directement accompagnées et contribuent à des changements plus larges dans les dynamiques territoriales.

Entre 2024 et 2025, plus de 5 300 familles ont été rejointes sur 50 territoires, confirmant la portée et la pertinence de cette stratégie pour renforcer le filet de sécurité autour des jeunes enfants et de leurs parents.

Les recommandations principales

À partir des constats issus de l’évaluation, le rapport formule plusieurs recommandations structurantes pour assurer la pérennité et l’efficacité du travail de proximité au Québec. Il souligne d’abord l’importance d’un financement récurrent et à long terme, condition essentielle pour permettre l’établissement de relations de confiance, la stabilité des équipes et la consolidation des retombées observées. Les financements à court terme sont identifiés comme un frein majeur à l’efficacité de cette approche.

Le rapport recommande également de consolider un cadre de référence commun pour le travail de proximité, précisant les principes directeurs de l’intervention, aller vers les familles, respect du rythme des parents, accompagnement non stigmatisant, médiation et concertation, tout en préservant la souplesse nécessaire à l’adaptation aux réalités locales. Cet équilibre est jugé central pour assurer une mise en œuvre équitable sur l’ensemble des territoires.

Par ailleurs, l’évaluation met en évidence la nécessité d’un encadrement professionnel soutenu pour les PTP, incluant de la supervision clinique et organisationnelle, des espaces de codéveloppement et l’accès à de la formation continue. Ces conditions sont essentielles pour soutenir la complexité émotionnelle et relationnelle du travail de proximité et prévenir l’isolement professionnel.

Enfin, le rapport appelle à la mise en place d’une démarche de recherche-action à plus grande échelle, afin de consolider les données probantes sur l’acceptabilité, la pertinence et les effets systémiques du travail de proximité. Une telle démarche permettrait d’éclairer les décisions futures en matière de politiques publiques et de soutien aux familles, tout en respectant la nature relationnelle et participative de cette approche.

Consulter le rapport complete ici 

Comment les relations père-enfant et mère-enfant prédisent les comportements à risque chez les jeunes enfants(Nouvelle fenêtre)

Cette étude longitudinale, réalisée auprès de 182 familles de la région de Montréal, examine comment la relation d’activation entre un parent et son enfant, c’est-à-dire la manière dont un parent soutient l’exploration tout en établissant des limites, prédit les comportements à risque de blessures chez les enfants d’âge préscolaire. L’équipe de recherche, à laquelle collabore Jean-Pascal Lemelin, professeur à l’Université de Sherbrooke et chercheur régulier au GRIN, s’est intéressée aux relations d’activation tant avec les mères qu’avec les pères, évaluées à deux moments : durant la petite enfance (11–20 mois) et à l’âge préscolaire (31–55 mois).

Les comportements à risque (par exemple courir dans la rue ou grimper sur des objets dangereux) ont été rapportés par les deux parents lorsque l’enfant était d’âge préscolaire. Les relations d’activation ont été mesurées à l’aide de la situation risquée, une procédure d’observation standardisée comportant des situations de nouveauté sociale et de risque physique.

Les résultats révèlent plusieurs constats importants :

  • Les enfants qui présentaient une relation suractivée avec leur mère ou leur père pendant l’enfance, c’est-à-dire des enfants qui explorent de façon imprudente et peinent à respecter les limites, affichaient plus tard davantage de comportements à risque de blessures.
  • À l’âge préscolaire, la relation d’activation avec le père était un prédicteur particulièrement fort des comportements à risque, plus encore que la relation avec le père durant la petite enfance ou que la relation mère-enfant à la même période.
  • Les effets diffèrent selon le sexe de l’enfant : chez les garçons, la suractivation avec la mère à la petite enfance et la suractivation avec les deux parents à l’âge préscolaire prédisent davantage de comportements risqués. Chez les filles, ces liens sont beaucoup moins marqués.
  • Une relation sous-activée avec la mère (caractérisée par trop de prudence ou d’inhibition) en bas âge est aussi associée à plus de comportements à risque chez les garçons, suggérant qu’une relation d’activation non optimale, qu’elle soit sous ou suractivée, peut contribuer à l’adoption de comportements dangereux.

Globalement, l’étude met en lumière que la manière dont les parents encadrent l’exploration de leur enfant, en équilibrant stimulation et limites, joue un rôle clé dans le développement de comportements sécuritaires. Les résultats soulignent aussi l’importance croissante du rôle paternel dans la régulation du risque à mesure que l’enfant grandit.

Pour lire l’article : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/13591053251392034

Usage de cannabis chez les parents d’enfants âgés de moins de 12 ans: premier portrait de la situation au Québec(Nouvelle fenêtre)

Nicolas Berthelot, en collaboration avec Karine Dubois-Comtois, Carl Lacharité, Tristan Milot et Diane St-Laurent, tous et toutes chercheurs réguliers du GRIN, a publié un rapport visant à documenter les perceptions, pratiques et besoins de soutien liés à l’usage de cannabis en contexte parental depuis la légalisation. Ce rapport s’inscrit dans le cadre d’une Action concertée financée par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et les Fonds de recherche du Québec.

S’appuyant sur des enquêtes menées auprès de parents et d’intervenant·e·s, le rapport met en évidence une grande diversité de profils et de pratiques, ainsi qu’un manque d’information claire et nuancée concernant les effets et les enjeux du cannabis dans la vie familiale. Du côté des milieux de pratique, les résultats montrent que la consommation est fréquemment abordée dans l’intervention, mais que les professionnel·le·s expriment un besoin marqué de balises, de formations et d’outils cliniques adaptés, notamment dans une perspective de réduction des méfaits.

En réunissant les points de vue des parents et des intervenant·e·s, ce rapport offre un éclairage essentiel pour orienter le développement de pratiques d’accompagnement non stigmatisantes, sensibles aux réalités familiales contemporaines et ancrées dans les besoins du terrain.

👉 Le rapport complet est disponible ici :
https://frq.gouv.qc.ca/app/uploads/2025/12/rapport-complet_nicolas-berthelot.pdf

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